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Time drifts through the sky | PV Sélène

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MessageSujet: Time drifts through the sky | PV Sélène Dim 16 Sep - 23:21

Time drifts through the sky
Sélène et Alekseï

We've built up these walls
For reasons that seem so small



Elle n’était pas professeur par choix personnel. Seulement parce qu’elle avait fini ainsi. Il aurait fallu écouter en classe, il ne suffit pas de rêver mais de bosser pour les réaliser. Elle regardait les premières. Quelle bande de cons. Ils ne savaient pas qu’ils gâchaient leurs vies. Elle essaya de se faire écouter mais en vain. Elle détestait son métier. Tout comme elle haïssait ce centre pour fou. Mais elle n’y resterait pas longtemps, non. Elle avait compris il y a peu la solution pour être heureuse. Quitter cet asile, refaire sa vie. La porte s’ouvrit.

Je ne pris même pas la peine de toquer à la porte. Pour toquer à la porte, encore faudrait-il avoir peur de déranger un cours. Mais du bruit qui émanait de la salle, on se doutait qu’il n’y avait pas de cours. Je m’adossais au côté de l’entrée tandis que le silence se fit. Ce silence pour moi, quel honneur. Je jetais un coup d’œil à la classe sans m’arrêter sur aucun des visages. Seulement sur leurs poignets. Puis je regardai celui du professeur. Même si mon sourire cisaillait mes joues, et que mes cheveux naturellement mal coiffé cachaient mes yeux, ceux-ci exprimaient une certaine surprise. Apparemment cette femme n’allait plus vivre longtemps. Encore quelques heures, à peine. Pourtant être en face de quelqu’un dont l’ombre était la mort, je restais confiant. « Bonsoir mademoiselle. » Certes, cette femme devait avoir la soixantaine. Mais avait-elle seulement eu une liaison durant sa triste vie ? « Que fais-tu là ? Qui t’envoi ?» Elle me tutoyait. Naturellement. Malgré que je sois l’un de leur collègue, les professeurs de ce lycée ne m’appréciaient guère. Un garçon de 18 ans qui savait à peine écrire son prénom devenait maintenant un collègue, quelqu’un de la même autorité qu’eux. C’était pathétique, humiliant. Mais tous ne savaient pas que j’étais un collègue et non un élève. « Mais je peux m’envoyer moi-même, ne soyez pas vexante je vous prie. » Je me foutais littéralement d’elle. Mes fossettes et mes yeux charbons qui la fixaient appuyaient cette théorie.
« Qui es-tu ? » Je me redressais et fit une petite révérence sous les yeux des élèves étonné. Son ton était si sec. Si vide. Pas étonnant qu’elle ne meurt ce soir. « Mademoiselle, vous devez m’avoir pris pour quelqu’un d’autre. J’enseigne dans ce centre, j’assiste les élèves en Russe. Dont certains de cette classe. » J’entendais quelques murmure d’approbations dans la salle tandis que mon sourire s’élargissait.
Moi ? Assistant ? A mon âge ? Comment est-ce possible ? Je lisais l’humiliation du professeur dans ses yeux. Et la marque à son poignet changea, raccourcissant sa vie de quelques heures. Oups. « Je viens chercher une élève qui a cours avec vous. » Elle me toisa du regard alors que moi, les mains dans les poches de mon pantalon, le dos légèrement courbé en arrière mais la tête parfaitement droite, je la fixais paisiblement à travers mes cheveux, mon sourire qui creusaient mes fossettes aux lèvres. Quelle conne cette bonne femme, elle rendait la chose encore plus humiliante pour moi sans même s’en rendre compte. « Ca n’aurait pas pu attendre la fin ? » Je levais un sourcil sans prendre la peine de cligner des yeux « Quel cours ? »
Rire dans la salle.
Une heure qui s’enlève au décompte de la femme inscrit sur son poignet.
C’est trop simple de descendre les gens, je devrais arrêter.
Je tournais la tête vers la salle, souriant à Sélène. Le seul sourire sincère que j’avais fait depuis que j’avais ouvert la porte de cette salle. Je me dirigeais vers elle sans demander la permission de cette femme qui vivait ses dernières heures. Je pris Sélène par le poignet et, l’obligeant à se lever, je ramassai son sac avant de la trainer hors de la salle « Merci Mademoiselle, bonne soirée. » Et du coin de l’œil je voyais une heure s’enlever du compte à rebours.

Une fois la porte fermé, je lâchais Sélène puis je me retournais vers elle, lui rendant son sac « J’ai quelque chose à te montrer ! » je me retournais sans lui laisser le temps de comprendre et je commençais à marcher sans me retourner.

Même si je faisais tout pour le cacher, même si mon sourire le cachait, j’avais honte. Honte d’être ici. Je m’étais renseigné sur la jeune fille. Du moins sur son nom. Sélène. J’avais cherché sa classe, puisque je ne la croisais pas dans les couloirs. La dernière fois, dans la forêt, j’étais partie pour elle. Il a fallu d’un acte de bonté pour comprendre qu’il fallait que je parte. Je ne pouvais pas rester avec elle, pour elle. Pour pas qu’elle ne souffre. Mais elle depuis ce jour-là, elle m’obsédait. Son visage restait encré dans mes souvenirs et je ne voyais qu’elle lorsque je fermais les yeux. Et je replongeais dans mes souvenirs, et je réentendais les dernières phrases qu’elle m’avait dites. Et cela me faisait sourire. De nostalgie certes, de regret mais aussi de bonheur. Tous ces sentiments qui se mélangeaient dans ma tête. Mais mon instinct le remporta sur ma raison et ma bonté d’une pierre deux coups, je décidai de la retrouver. Et c’est ce que j’ai fait. Même si j’ai hésité un quart d’heure devant la porte avant d’entrer dans la salle. Même si je me suis répété la scène plusieurs fois ainsi que toutes les éventuelles tournures… Je sentais quand même mon ventre se nouer. Si j’avais pu avoir faim, j’aurais eu l’appétit coupé à cet instant. Ces quatre jours sans la voir m’avait fait réfléchir – Oui, je réfléchis – Il fallait me rendre à l’évidence. Je ne pouvais me passer d’elle, du moins pas pour l’instant. Et l’idée qu’elle non plus n’avait pas épargné mon esprit. Et tandis que l’espoir fleurissait dans ma tête, je me sentais comme un gamin, mort de peur à sa réaction. A ce qu’elle allait dire.

Je l’avais abandonné. En plein milieu de cette forêt, alors qu’elle venait de m’annoncer ses sentiments pour moi. Et moi, je l’ai pris dans mes bras et j’étais parti. J’étais un connard. Heureusement, je ne connaissais pas la culpabilité. Pas encore du moins. Mais le regret m’avait rongé. C’est pour ça que j’étais là. Par espoir, par regret, par amour.
Merde Al, n’aime pas ! N’aime plus ! Ça te fait mal. Mais je n’aime pas avoir mal. Alors arrête d’aimer. Mais ça fera souffrir Sélène… Et je souffrirais de la voir souffrir. Alors aime, pauvre con, aime. On en rigolera plus tard. On en rigolera seulement si ça ne marche pas ! Ah oui ? Supposons que ça marche. Dans quatre ans, voudra-t-elle d’un gosse comme toi ? Mais… Mais… Ah ! L’amour rend la vie seulement plus difficile Al, il faut que tu te rentres ça en tête. Je suis mort connard.

Nous arrivions sur le toit. Dans la véranda pour être exacte. L’étage était vidé, déserté. Il n’y avait personne. Je fermais la porte de la véranda derrière nous. Il faisait encore jour mais tant pis. L’effet romantique n’aura pas lieu d’être. Alors je lui souris, donnant un coup de tête vers le banc pour lui dire de s’en approcher. Je fis de même. Je pris des bocaux posés sur le banc et je les ouvris un a un. Des papillons et des lucioles jaillirent des cages de verres et volèrent dans l’espace clos. Les papillons, même si ils n’avaient pas de couleurs magnifiques, étaient beaux. Les lucioles, à la lumière du jour, étaient inutiles. Mais ça j’y avais pensé trop tard. Je m’assis sur le banc, regardant droit devant moi. « J’ai pris un temps fou à les capturer mais ça valait la peine. » Je tournais la tête vers elle sourire aux lèvres. J’avais envie de dire je t’aime mais tout ce qui sortait de ma bouche était « Je crois que tu as mon lecteur MP3. »
C’était ma traduction de je t’aime. Traduction qu’elle ne comprendrait pas. Que je ne comprenais pas non plus d’ailleurs. Mais ce n’est pas grave. C’est tant mieux. Je gagne du temps, en faisant le con. Parce qu’avait-elle envie d’un gosse comme moi ?

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MessageSujet: Re: Time drifts through the sky | PV Sélène Lun 17 Sep - 15:05



Il y avait eu un sourire, et puis un rire. Et puis des larmes. Et puis à nouveau des éclats de rire. Elle était haute comme trois pommes, à courir dans le parc comme une dératée. Elle se revoyait quand elle était enfant, elle se revoyait grandir et être heureuse, elle se revoyait dans ce monde qui semblait si parfait, si rassurant, mais qui n'était qu'un tissus de mensonges qui avaient grandit chaque jour un peu plus jusqu'à les envelopper tous les trois. Jusqu'à ce que ça détruise tout. C'était sans doute pour cette raison principalement qu'elle avait de sérieux problèmes avec les mensonges, qu'elle refusait d'en faire l'usage, et que même dans les rares cas – qui devenaient hélas de plus en plus communs – de force majeure, elle s'efforçait de trouver une autre solution. Chose qui semblait toujours un peu plus complexe.


Elle avait passé quasiment une heure à regarder l'enfant faire l'avion dans le parc de Rédemption. Parfois, elle oubliait qu'il y avait des enfants ici, mis à part Luke qu'elle chérissait et protégeait comme s'il avait s'agit de son propre fils plus que de son frère. C'était une petite blonde qui devait à peine avoir cinq ans et qu'on avait sans doute lâchement abandonné à Rédemption pour les raisons qui faisaient d'eux ce qu'ils étaient. Plus loin que des monstres, ils étaient seulement anormaux, et la différence est une chose qui effraie et rebute, autant qu'elle fascine. Dans sa petite robe blanche tachée d'herbe verte, l'enfant continuait de rire, toute seule. Elle avait très vite apprit que cette enfant voyait des gens. Des gens qui n'étaient plus vraiment là. Allez savoir, si ça se trouvait, elle était en train de jouer avec ses parents. Sélène ne savait pas, et elle n'était pas envieuse de connaître le secret de cette petite tête naïve.


Elle avait fini par se lever du banc de pierre, se rappelant qu'elle était venue ici pour étudier, une chose qu'elle ne faisait que bien rarement actuellement, ses pensées allaient ailleurs. Oui, elles convergeaient toutes sur le même point, sur la même tête blonde, mais qui, cette fois, semblait vraiment plus âgée que ce bout de chou qui s'était une fois de plus étalé dans l'herbe pour faire l'ange. Lorsqu'elle était arrivée devant la porte de la salle, elle avait frappé et n'avait pas attendu de réponse pour entrer, elle avait pas l'habitude d'être impolie, sans pour autant pouvoir se vanter d'être irréprochable, mais elle savait que dans ce cours, elle n'aurait pas de réponse, le brouhaha ambiant avalait tout autre bruit et dissimula à merveille sans entrée dans la salle. Rêveuse, elle resta contre la fenêtre pendant quasiment la totalité du cours, à observer les oiseaux et les envier de pouvoir voler. Elle aurait bien aimé voir le monde d'en haut, mais elle se disait aussi que c'était une vision un peu trop effrayante à son goût. Des choses effrayantes, elle en avait assez sous les yeux, pas la peine d'en rajouter encore une couche, non ?


Et la porte s'était à nouveau ouverte. Le temps qu'elle réagisse que le silence s'était étrangement fait dans la pièce, une voix s'était élevée, une voix qui avait rompu sa réflexion pour lui faire tourner la tête. Une voix qui, malgré que son ton soit bien différent de ses souvenirs, lui fit de nouveau rater plusieurs battements de cœur. Lorsqu'elle comprit qu'il était venu pour elle, qu'il était revenu pour elle, elle réprima son rougissement stupide, et se laissa entraîner à l'extérieur. Dès la porte passée, il sembla si différent, si vrai, si lui même qu'elle eut un frisson. Elle ne su pas déterminer la nature de ce frisson et même sa raison réelle, mais tout ce qu'elle aurait pu dire, c'est qu'il n'était pas désagréable.


La véranda, elle l'observait depuis tellement de temps depuis le sol, depuis le parc, surtout à certains moment de la soirée où le coucher de soleil se reflétait dans le verre sali pour étinceler de milles éclats. Un spectacle magnifique. Elle s’apprenait toute seule à se contenter de petites choses qui pouvaient sembler anodines, mais qui ne l'étaient pas tant que ça. Lorsqu'il avait relâché les papillons, elle avait eu un mouvement de recul, quant aux lucioles, dont elle avait tout de même reconnu la silhouette qui lui était assez familière, surprise de leur présence ici, en plein jour. Mais plus que d'une poésie qui tombait à l'eau, elle y trouva une certaine originalité. Elle regarda les papillons se battre entre eux, totalement effrayés avant de se calmer, certains se posant sur des fleurs de la véranda, d'autres tourbillonnant encore entre eux deux.


Et ce fut seulement à ce moment là qu'elle s'approcha de lui, puis qu'elle retira la veste qui lui appartenait pour la lui tendre avec un large sourire qui voulait dire tellement de choses. Le fait de retirer sa veste découvrit aussi son poignet, nu à de rares occasions comme celle ci, où elle n'avait pas eu le temps d'attacher tout son attirail, ou l'avait simplement oublié. Les poches étaient vides, ce qui l'encouragea à parler, finissant par relever la tête pour observer les couleurs des papillons.


« Excuse moi, le mp3 est resté dans ma chambre, je préférais éviter qu'il ne lui arrive quelque chose, je suis tellement maladroite. »

C'était un euphémisme. Non seulement elle était maladroite, mais elle avait aussi une poisse qui frôlait tout bonnement le ridicule. Malgré tout, elle avait finit par rire en se remettant à l'observer, ses mots parlaient de quelque chose mais ses yeux disaient des choses tellement douces, tellement plus douces oui. Et moins impersonnelles aussi. Si il était aussi doué qu'elle, alors ça laissait présager bon nombre de situations comme celle ci. Après tout, c'était elle l'oracle dans l'histoire, c'était à elle de le prédire. Cependant, actuellement, elle n'avait pas envie d'écouter le futur, elle voulait se contenter du présent, le dévorer à pleines dents, le présent hein, pas lui. Quoi que...


« Ils sont vraiment magnifiques... J'en ai jamais vu autant au même endroit... Il faudrait rester ici jusqu'à la nuit, pour voir les lucioles s'éclairer.. »

Lorsqu'elle se tut, elle avait sa main dans la sienne, même si elle était face à lui, elle ne le regardait pas, elle regardait son reflet, d'une façon détournée, pour pouvoir le détailler sans paraître trop bizarre et qu'il ne lui pose des questions. Elle n'avait pas besoin de questions. Ni de réponses. Sa phrase résonnait encore dans sa propre tête, elle avait envie de lui dire qu'elle aurait voulu rester avec lui pour l'éternité entre ces murs de verre, une sorte d'éternité courte qui irait jusqu'au coucher du soleil, c'était déjà pas mal, non ?




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MessageSujet: Re: Time drifts through the sky | PV Sélène Mar 18 Sep - 22:44

<
"Pas les miennes puis les siennes.
Les nôtres."



Figé.
J’étais figé.
Le vocabulaire ne m’appartenait plus.
J’oubliais de respirer.
J’oubliais d’oublier.
Avez-vous déjà ressenti ce sentiment de vide, lorsque le monde autour de vous vous apporte une image qui vous bloque ? Qui détruit en un souffle ce qui vous entoure ainsi que votre capacité à penser ? Vous laissant seul avec cette image en tête. Cette image terrifiante.
J’ai déjà ressenti ce sentiment plusieurs fois.
Trop de fois.
Une fois de plus.
Une fois de trop.
Alors que j’avais repris mon teddy, alors qu’elle me parlait, les mots venaient à moi sans que je n’en comprenne la signification. Dans la vitre en face de moi, je voyais le reflet de Sélène. Enfaite non, je ne voyais pas son reflet. Je voyais seulement la partie éclairé de son corps. Autrement dit, un peu de son visage et la totalité de son bras droit. La totalité.
« L’amour pour se faire dévorer.
Dévorer
Dévorer. »
Elle me parlait de ce soir. Elle me parlait des lucioles, de leurs lumières. Mais elle n’allait pas les voir, les lucioles. Elle aurait un « empêchement ». Un empêchement qui m’était désormais familier. Mais une fois de plus, l’égoïsme traversa mon âme.
La déchira.
La dévora.
« Dévorer
Dévorer. »
Je ne voulais pas, non. Je voulais défier faucheuse.
Sauver Sélène.
Mes sentiments pour elle, étaient jeunes, nouveaux. Perdus dans la noirceur de mon esprit. Je sentais une douleur dans les poumons. Il aurait fallu que je respire. Mais cette légère douleur n’était rien, rien face à la déchirure qu’avaient provoqué ces quelques chiffres.
Si elle meurt,
Je ne pourrais jamais la suivre.
Jamais la retrouver.
Jamais.
Je repris lentement conscience. Je ne respirais plus depuis quoi, dix bonnes minutes ? Je détachais mon regard du reflet pour la regarder dans les yeux. Ils exprimaient la mort. Mais je ne pouvais pas lui dire. « Hey ! Tu vas bientôt mourir ! »
Elle ne comprendrait pas.
Je l’attirais alors contre moi, en fermant les yeux. Là, assis sur ce banc de bois blanc dont la peinture se cassait, j’aurais pu la tuer tellement je la serrais fort. Ne pars pas. Reste là.
Dans mes bras.
Dans mes bras.
Mes paupières étaient lourdement fermées, je fronçais les sourcils. Il ne fallait pas laisser passer une seule larme à travers ces cloisons. Mais son odeur ne me suffisait pas. Je voulais la voir. L’avoir. Et j’ouvris les yeux. Je défis mon étreinte et de ma main, l’obligeait à reculer. Je lui souris alors. Sur ce sourire. Comme une note de musique. Mon sourire. Pour elle. Elle, Sélène.

Je posais alors sa main dans la mienne. Mon autre main, ma main gauche, glissa sur sa nuque, sous ses cheveux noirs. De mon pouce, je caressais délicatement sa joue rosée. J’étais légèrement penché sur elle, mon genou droit posé contre le dossier du banc, mon pied sur le banc. J’avais posé mon coude gauche sur ce genou. L’autre était fermement accroché à terre. J’étais tourné vers elle, tournant le dos à l’un des côtés de la véranda. Je plongeais mon regard nuit dans le ciel du sien. J’y semais mon sourire.

    « Je n’attendrais pas ce soir. »


Alors j’approchais mon visage du sien.
Alors je l’embrassais.
Il n’y avait pas « mes lèvres » puis « les siennes ». Il y avait seulement les nôtres. Les nôtres, délicatement posés l’une contre l’autre. C’était comme si le destin avait été scellé, elles étaient faites pour se toucher. S’effleurer. Et peut-être, plus tard, si le temps nous en laisse la peine, se dévorer.

Alors que mon cœur avait sauté un battement. Au sens littéral. Alors que je ne respirais plus. Alors que ma main sur son cou tremblait. Alors que l’autre s’accrochait à la sienne. Alors que mes yeux étaient fermés, je savais que nous n’étions pas seuls. Je sentais sa présence. Ici, dans un coin sombre de la véranda, se cachait une vieille, très vieille amie. Elle nous observait, attendait. Attendait que l’heure tourne. Mais cette fois, elle n’était pas là pour me tenir compagnie. C’était une amie jalouse, elle ne comptait pas se faire remplacer. Je ne comptais pas lui laisser cette occasion. Mais elle était là et je ne pouvais la chasser.
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MessageSujet: Re: Time drifts through the sky | PV Sélène Mer 19 Sep - 22:13



Comment caractériser ce genre de moment ?
C'est comme des bulles de savon. Légers, splendides, mais terriblement fragiles face à l'environnement autour d'eux. Les bulles, elles, elles volent, toujours plus haut, elles nous emmène si haut qu'on en prend le vertige. Et la brise les caresse, elle les emporte, elle les soutien, elle continue à les tirer vers le haut, inlassablement. Sauf qu'il suffit d'une poussière, d'un brin d'herbe, d'une feuille, d'un coup de vent trop fort et pouf, elle disparaissent. Ne laissant comme signe de leur passage que quelques éclats de savon qui s'écrasent sur le sol. Les souvenirs, ce sont ces résidus qui finissent par sécher et s'effriter, ceux qui nous constituent pourtant. Nous sommes fait de résidus de savon séché. Cool hein ? Pour en revenir au moment présent, il s'agissait de quelque chose de tellement fort que c'en était devenu hypnotisant.


Qui elle était ? Elle ne savait pas. Elle ne savait même plus où elle était, ce qu'elle avait été, ce qu'elle serait. Elle s'en fichait. Le passé et le futur n'avaient plus aucun impact dans ce présent qui défiait tout le reste. Ce présent qui valait largement tout ce qu'elle avait pu vivre d'horrible, et qui semblait tout effacer dans un souffle, une bourrasque. Elle se sentait dévastée, mais dévastée dans le bon sens du terme, s'il pouvait y en avoir un. Et s'il n'y en avait pas, inventons-le pour l'occasion. Sélène était positivement dévastée. Lorsqu'elle ferma les yeux, elle entendait son propre cœur battre dans ses tempes, dans ses lèvres, comme s'il voulait lui échapper, comme s'il voulait lui appartenir, à lui, se laisser emprisonner par celui qui avait su l'apprivoiser. Entre ses mains, elle avait l'impression de valoir quelque chose, un sentiment qu'elle avait fini par perdre suite aux moqueries diverses et variées, un sentiment qu'elle retrouvait de temps en temps dans le regard des gens comme elle. Des gens différents et rejetés, des gens assez intelligents ou curieux pour voir autre chose en elle.


Elle se revoyait, arpenter les ruelles obscures de Londres, dans ses vêtements abîmés et trop courts, elle se revoyait se faire dévorer par les yeux des hommes, elle oubliait de les haïr et elle se revoyait, ce fameux soir, où on lui avait tout volé. Innocence et naïveté. Enfance et estime de soi. Ce soir elle avait cru qu'elle était morte, à l'intérieur d'elle même, sauf qu'à présent, entre ses mains, elle avait l'impression de renaître des cendres qu'elle avait été. Elle redécouvrait sa force et sa volonté, elle s'était laissé mourir durant tellement de temps, elle avait voulu se battre mais l'avait mal fait, et elle sentait à présent son cœur refleurir.


Et pourtant.


Et pourtant...


Elle savait que ces battements étaient comptés, que le destin continuait de s'acharner à vouloir la voir morte, la voir étendue sur un sol froid et regarder la pluie nettoyer les plaies de son âme. Elle savait que le destin n'avait jamais été de son côté, et qu'elle l'avait sûrement provoqué pour en arriver là. Et elle sentait sa main trembler dans sa nuque. Peut-être qu'il savait. Peut-être que depuis le début il savait. Que tout devait finir ce soir, que ses mots n'avaient rien d'innocent, qu'elle savait exactement où et comment... Et petit à petit, elle retrouvait la volonté de vouloir contrer le destin comme elle l'avait fait depuis si longtemps et comme elle le ferait encore, pendant encore longtemps.


Finalement, elle se détacha de ses lèvres, malgré le fait qu'elle avait envie de rester près de lui pour l'éternité, elle n'avait pas le temps. Elle ne l'avait jamais eu. Elle pouvait le prendre. Mais pas maintenant. Elle resserra sa main dans la sienne et rouvrit doucement les yeux en laissant sa respiration chaude et sereine s'écraser contre ses lèvres. La chanson du destin résonnait dans sa tête. Mélodie macabre. Requiem.


It's too cold outside for angels to fly...
An angel will die, covered in white... Closed eye and hoping for a better life.

La jeune brune l'observa un moment, remontant sa main contre sa joue pour la caresser du bout des doigts, un peu hésitante, pourtant, au fond d'elle même elle était sûre. Sûre de son choix. Sûre que c'était bien lui qui faisait battre la chamade à son cœur, et pas l'adrénaline de mourir dans quelques heures, ça, elle y était quasiment habituée. Elle se redressa pour l'entraîner avec elle, ne lui laissant pas le choix. Elle ne savait pas comment il savait, mais il savait, et l'important, c'était de s'en échapper.


« Partons. Loin. Loin du destin... Tous les deux. »



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MessageSujet: Re: Time drifts through the sky | PV Sélène Ven 21 Sep - 22:44


Et sur l'eau qui riait aussi...



Elle ne pouvait pas simplement avoir lu dans mes yeux. Elle n’aurait pas pu. Mais elle avait compris. Elle avait compris, comment pouvait-elle comprendre ? Et elle l’acceptait ? Elle acceptait la mort ? Je n’aurais pas su dire ce que cette révélation me faisait. Devais-je me sentir moins unique ? Moins seul ? Le temps n’était pas à la réflexion. Le temps n’était à rien si ce n’est qu’à être heureux. Et nous étions à nouveaux seuls. Seul mais pas pour longtemps, il fallait s’échapper. Partir loin et puis revenir bien sûr, mais quand on en aurait envie. Parce qu’on l’acceptait, de revenir. Parce qu’on savait qu’on n’avait pas le choix, alors on était libre ! Je m’échappais de la fatalité et cette fois, je ne m’échappais pas seul. Je m’échappais avec quelqu’un, quelqu’un qui était encore vivante et que j’aimais.

Je me retrouvais dans son sourire, et dans le fin fond de ses yeux. J’entendais son cœur battre dans ses mains. Et à cet instant, je me suis senti vivant. A cet instant, j’entendais son cœur battre dans ma poitrine. J’aurais pu croire que c’était le mien. La chaleur de ses mains réchauffait mon corps si froids et ses yeux avaient ravivés la vie des miens. Mes yeux auraient pu retrouver leurs couleurs ciel mais l’idée de vérifier ne m’était pas venu à l’esprit. Pas à l’instant, alors que j’étais perdu dans un tout autre ciel.

Nous étions debout. Malgré moi. Je repris conscience après quelques minutes de réflexion, plongés dans le regard de Sélène. Moi qui avais perdu mon sourire le dessinai sur mes joues, celui qui lui appartenait, à Sélène. Je pris son poignet droit, celui qui était tatoué et j’avançais vers elle, je la dépassais, l’obligeant à se retourner et à me suivre. Je lui tenais le poignet fort, assez pour que je puisse sentir son bras si fin dans ma main. Sans réfléchir, j’ouvris la porte du toit. Avec du recul, je n’aurais pas dû faire le con, pas tomber amoureux et surtout pas ouvrir cette porte. Mais je n’ai pas eu le temps de reculer, déjà une nuée de papillons et de lucioles sortaient de la véranda. Ils tachèrent le ciel, et tandis que j’avançais sur le toit, tenant Sélène par le poignet, je ne pus m’empêcher de regarder ce spectacle rare.

Je me retournais vers Sélène. Cette fois, j’étais sûr de moi. Depuis le début. A la différence que j’avouais sans mal les sentiments que je ressentais pour elle depuis quelques jours. Je me rappelle de cette conversation avec un ‘ami’ ce matin… « - Merde. – Quoi ? –J’suis amoureux. – Ah ouais, fait chier. C’est qui ? –Tu ne connais pas. –Elle s’appelle comment ? –J’sais pas. –Ah… Elle a quel âge ? –J’sais pas. –Elle est à Rédemption ? –Je crois… –Elle est belle ? –Oui. »
Je ne savais rien de cette fille qui obsédait mes pensées. Sélène. Juste Sélène. Et elle que savait-elle de moi ? Rien. Rien si ce n’est ce que j’écoute. N’oublions pas qu’elle avait encore mon MP3. Je remis une mèche de cheveux derrière son oreille pour libérer sa joue et y déposer un baiser. « As in Hollywood! » "Moi aussi... Je tiens à toi tu sais... Je ne te connais pas, c'est con. Mais je tiens à toi." Je regardais ensuite le vide à nos pieds. Si j’avais voulu, je me serais envolé. Mais mieux ne valait pas risquer de se dévisager maintenant. Ma gueule était encore la seule raison valable pour laquelle elle était encore ici. Et je m’en contentais. Parce qu’elle était ici, avec moi. Mon sourire ne décrochait pas ma mâchoire. Ma main ne quitta pas la sienne. Je sentais qu’il fallait que je fasse un truc cool. Pour l’impressionner… Un truc plus simple que de l’embrasser sur une toile d’araignée géante en pleine nuit.

Je n’avais pas envie de l’emmener quelque part de romantique, comme dans le parc de Rédemption par exemple. Trop loin. Trop d’escaliers qui séparaient les fleurs de moi. D’elle. De nous.

Il fallait que je fasse un truc cool. Et maintenant je devais assurer. J’aurais eu l’air plus classe avec une guitare mais je ne savais pas en jouer. Je ne savais pas faire grand-chose à vraie dire… je n’avais aucun talent particulier si ce n’est vivre ! Je ne savais pas écrire, je ne savais pas chanter, je ne savais pas lire… J’avais bien une qualité mais à tous les coups, elle était vierge. Elle n’aurait pas de points de comparaisons… J’ouvris la bouche une seconde, les cheveux dans les yeux. Je pris mon souffle mais rien ne sortis. Alors je pris sa main et j’entrepris de descendre les escaliers. C’est parti pour le parc donc. Si seulement j’avais des pouvoirs… Enfin des supers-pouvoir, quelque chose qu’on pouvait montrer à la fille de ses rêves, pas un pouvoir qui la ferait fuir.

J’étais descendu très vite. Si ça ne tenais qu’à moi, j’aurais sauté du toit – Histoire de faire un plat – Mais Sélène était là. Pour la première fois il n’y avait pas que moi de concerné. Il y avait elle et personne d’autre. Moi c’était après ! On traversa le cimetière. Mais c’était pas grave, nous on était libre, nous on était heureux ! On traversait la plaine puis on arriva au bord du lac qui longeait la lisière de la forêt. J’enlevais alors mon teddy et mon t-shirt. Je m’approchais du bord, mon pantalon sur moi, je sortis de ma poche un papier plié en quatre que je donnais à Sélène, puis je plongeais dans l’eau fraiche. Un beau plongeon, voilà quelque chose que je savais faire. Je savais nager ! J’ai eu le temps d’apprendre, dès que je me noyais, je devais tirer mon corps jusqu’à la surface.
Sur le papier, j’avais demandé à ce même ami à qui j’avais parlé ce matin de recopier ce poème. Pour sélène bien sûr. Je n’avais pas voulu le recopier. Je ne savais pas écrire moi ! Je ne savais pas faire grand-chose, si ce n’est plonger, sourire… Et ça m’allait. Au fond, ça me suffisait.

« Le malheur avait mis
les habits du mensonge
Ils étaient d’un beau rouge
couleur du sang du cœur
Mais son cœur à lui était gris

penché sur la margelle
il me chantait l’amour
Sa voix grinçait comme la poulie
Et moi
dans mon costume de vérité
je me taisais et je riais
et je dansais
au fond du puits
Et sur l’eau qui riait aussi
la lune brillait contre le malheur
la lune se moquait de lui. »
J. Prévert

A vraie dire, lorsque mon ami me l’avait lu parmi les dizaines d’autres poèmes qu’il m’a proposés, je n’en ai pas bien saisie le sens. Mais il m’a plu, parce qu’il parlait de puits, de rire, de bonheur et de vérité… D’amour aussi… Puis de la lune. Et la lune, c’est à elle que Sélène a prié, pas aux étoiles. Que le moment durerait toujours. Parce que la lune est toujours là pour tenir ses promesses. Tandis qu’une étoile filante l’emporte avec elle.

Dans l’eau trop froide pour moi, je regardais Sélène « Allez viens, que ce moment dure toujours ! Viens ! » Disais-je contrôlant mes lèvres pour ne pas qu’elles tremblent. Je n’avais rien fait de cool encore. J’aurais pu faire un salto arrière dans l’eau. Mais si j’avais fait un plat, je me serais fait un hématome. Ne prenons pas ce risque.

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MessageSujet: Re: Time drifts through the sky | PV Sélène Lun 24 Sep - 14:09



Turn off the light, turn off my reason, I was torn yesterday... Les quelques mots résonnaient dans sa tête comme le souffle qu'ils avaient été, elle se souvenait de sa mère qui faisait cette sorte de prière tous les soirs depuis le départ de son père. Et pourtant ses prières n'avaient toujours été qu'amas de mensonge. A moins que depuis le début, la victime de toute cette situation, de la folie des hommes, n'ait pas été Sélène, mais bien sa génitrice, qui avait souffert de chaque perte comme d'une nouvelle blessure dans son cœur qui saignait encore, s'il ne s'était pas arrêté de battre. Elle ne su pas pourquoi, alors que la situation ne s'y prêtait pas du tout, elle eut une pensée pour elle. Elle l'avait haït, et elle la haïssait sans doute encore, cependant... Cependant, elle avait apprit où conduisait la haine et ce qu'elle faisait aux âmes, même si elle n'avait jamais bien cru à la Rédemption au sens religieux du terme, elle ne pouvait s'empêcher de culpabiliser pour avoir été si stupide. Si seulement elle avait pu lui dire une dernière fois à quel point elle l'aimait, si seulement elle avait réussi à la protéger du destin. Mais elle en avait hérité.


Car si elle ne sentait pas présence de la mort, elle sentait celle de l'entité destin, cette chose qui trônait en maître de l'univers et semblait s'être justement attardé à Birdsall, à croire que Sélène était son expérience témoin, qu'elle était le test de toutes ses idées malsaines. Cependant, tout était sur le point de changer. A deux ils défiaient le destin. A deux, main dans la main, ils marchaient vers un horizon de bonheur, loin de la peur et de l'inquiétude. C'était utopique, c'était aussi peut-être un rêve trop enfantin, mais ça faisait du bien. Et laissez les planer encore un moment avant d'entamer la descente, ils n'avaient même pas encore atteint leur l'apothéose.


Au bord du lac, elle sourit à le voir plonger sans crainte dans l'eau glacée. Elle ne s'était jamais sentie aussi vivante qu'en présence du jeune homme, ce qui restait légèrement ironique quand on y pensait cinq minutes... Mais elle ne pensait pas, elle ne voulait pas penser, pas se buter sur ce qui les séparaient, mais sur ce qui les rapprochaient au contraire ! Et mine de rien, il y avait des tas de choses. Elle déplia soigneusement la feuille pour la lire. Elle buta l'espace d'un instant sur la langue du poème. Du français... Elle le parlait très mal, avec un sale accent, de son point de vue, cependant, elle n'avait pas de mal à le comprendre, depuis le temps, elle avait rencontré assez de personnes sans doute. Dans son second cycle d'étude, à Londres, elle avait étudié Prévert dans ses cours de français, il plaisait bien à son professeur, et il lui avait d'ailleurs transmis cette passion pour la littérature française, bien qu'elle ait dû s'en détacher bien plus tard, pour des raisons sombres qu'hélas beaucoup trop de gens connaissaient.


Lorsqu'elle releva les yeux, ils clignèrent trois ou quatre fois avant qu'il l'invite à le rejoindre. Avec un sourire, elle releva les yeux vers le ciel encore clair qui commençait tout juste à se teinter d'orange pâle, et puis elle les reposa sur lui. Elle posa son sac au sol, et observa ses propres mains trembler. Elle avait froid. Elle avait déjà froid. Mais l'adrénaline dépassait tout le reste. Tant pis, il fallait viser pratique, plus elle enlevait de vêtements, et plus ceux ci ne seraient pas trempés lorsqu'elle devrait se rhabiller, elle glissa ses mains sur les boutons de son chemisier pour le retirer puis quitta son jean. Elle n'aurait jamais fait ça quelques temps avant. Se déshabiller, se mettre quasiment à nu devant un homme, dont elle ignorait jusqu'au prénom. Même si elle avait toutes les raisons pour le faire, elle n'utilisait plus ses charmes depuis son arrivée à Rédemption, elle en avait trop souffert avant, elle avait été vendue, elle avait dû se vendre. Cependant, la disparition de sa fille avait changée la donne. Cette dernière avait soigné chaque blessure de sa mère, les hématomes comme toutes les cicatrices, les marques de scarification sur ses poignets comme les souvenirs fâcheux sur ses cuisses. Traces de son refus premier. Son corps avait eut une nouvelle chance, aussi bien dans l'apparence que dans l'intérieur, lorsqu'elle avait soigné sa tumeur, la faisant disparaître.


Ainsi, elle se retrouva en sous vêtements, les joues rougies autant par la gêne de ce genre de situation que par le froid. Elle n'aurait pas dû. Une partie d'elle était tellement ingénue, autant que l'autre ne l'était pas du tout, un équilibre sur lequel elle marchait depuis longtemps. Trop longtemps. Posant sa main gauche sur son collier, qui trônait à la naissance de sa poitrine, elle ferma les yeux et avança pour laisser glisser l'eau jusqu'à ses chevilles, elle était gelée. Trop gelée. Mais son cœur battait si fort qu'elle avait la sensation qu'il réchaufferait tout. Des éclats du soleil percèrent entre les feuilles sur la surface du lac, elle rouvrit les yeux. Il était là. A quelques mètres d'elle seulement, distance qui fut vite parcourue, laissant la surface de l'onde caresser sa peau. Elle priait intérieurement pour que personne ne daigne les rejoindre et les déranger dans ce moment magique. Plantant son regard dans le sien, la brune eut l'impression d'y voir s'y refléter toute l'immensité du ciel, celle de l'infini, celle de l'éternité.


« Joli plongeon.. »

Ce ne fut qu'un murmure entre deux respirations qui cherchaient à me réchauffer, suivi d'un sourire sincère, d'un sourire serein, rassuré peut-être aussi.



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MessageSujet: Re: Time drifts through the sky | PV Sélène Ven 12 Oct - 17:35


You're my sweet love & every time I fall...



« D’accord... »

Lorsque je compris qu’elle était en sous-vêtements, ce qui prit un certain temps, je ne pus m’empêcher de rougir. Je détournais le regard en cachant mes joues sous l’eau brulante de froid. Mon corps entiers me piquait mais j’étais libre. A croire que même mort, on ressent la chaleur des sentiments. Quelque part c’était réjouissant. Je voyais plutôt ça comme une contrainte mais ça avait parfois des bons côtés. Je ne souffre que rarement, souvent après avoir ressenti une joie immense – non je ne souffre pas après avoir jouie – c’est pourquoi, en apercevant son corps dénudé reflétant dans l’eau qui recouvrait ses chevilles, je n’eus pas à être medium pour savoir que j’allais souffrir. Je pris quelques secondes à détacher mon regard du reflet. Le temps que ma volonté et mon respect pour elle l’emporte sur ma fascination…Et mes hormones aussi. Je finis pas lever les yeux au ciel, les nuages caché par une chevelure blonde épaisse.

Je rejoins le sol, trouvant un endroit où j’avais pied. Sélène m’avait rejoint et j’évitais son regard gêné. Le souvenir de son reflet éclatait dans ma tête sans vouloir partir. Elle était très belle. Sa peau était lisse, assez pâle comme son visage. Mais elle avait des formes sublimes, à faire rêver un peintre. Oui c’est ça, était digne d’être une muse d’un grand artiste mais celui-ci ne serait qu’un homme derrière son nom. Il en tomberait immédiatement amoureux. Ses jambes suivaient le traits de ses hanches de jeune femme, laissant la aille se courber, tel un sablier dont le temps circulait vers le haut.
Contrairement à la façon dont j’avais l’habitude de regarder les filles et prostitués, je ne m’étais pas attardé sur sa poitrine peut-être un peu parce que c’était la seule partie du haut de son corps recouverte d’un tissue. Je respectais beaucoup le corps des femmes, peu importe leurs statuts. Sans doute l’un des seuls conseils de mon père que je n’ai jamais suivit. « Fils, si une femme t’offre son amour, courtise là. » Evidemment, c’était un conseil qui avait mal-vieillit, je l’ai donc adapté à l’époque. Si une femme t’offre son corps, courtise le. Oh le macho ! Ce n’était pas par fierté masculine mais réellement du respect. Un corps de femme était si beau, leurs peaux si douces reflétaient les yeux des dieux. Et, de souvenir, puisque j’évitais encore son regard, celui de Sélène était digne d’Aphrodite. Une si belle fée à qui on a coupé les ailes. Je l’aurais sans doute appelé clochette mais la version que j’avais de Peter Pan m’en interdisait. Et puis elle n’aurait pas compris, car à ses yeux je ne suis qu’un inconnu fou d’elle, fou tout court.
Un jour je devrais peut-être lui dire comment je m’appelle. Du moins comment on m’appelle.

Je n’ai jamais été très intelligent. [HRP : Je ne devrais pas mettre un hors RP ici mais il le fallait car aujourd’hui est un jour spécial. Le jour où Alekseï se rend compte qu’il est con. Du moins le jour où il l’admet. Nous pouvons donc l’applaudir pour sa perspicacité !] En 106 ans, je n’ai eu que deux prénoms. Au bout de cinquante ans, je me suis rendu compte que porter le nom d’une Altesse impériale attirait du monde, peu de beau monde. J’ai donc changé mon prénom. Je tenais à mon nom, c’est con, c’est ce qui me met en danger. Puis Pan Romanov existe depuis bientôt 40 ans, dans les registres Londonien, ce qui est d’autant plus con. Pas que je craigne à ma vie. Mais je tenais à ce prénom, il m’était important. Je l’avais puisé dans le peu de culture que j’avais, un prénom court que je pouvais écrire sans trop de problèmes, qui me désignait par beaucoup de significations. J’aimais ce prénom mais je n’oubliais pas celui inscrit sur mon acte de naissance. Nom digne d’un monarque, haha.

Je finis par regarder la jeune fille dans les yeux, me disant que mes rougeurs s’expliqueront par le froid de l’eau. Je lui souris puis lui prit la main sous l’eau et je l’entrainais plus nager plus loin dans le lac. Dans l’eau, la gravité n’était plus un problème, on pouvait aller partout, sur le côté, derrière, devant, en dessous, au-dessus… On jouait, on était bien. On faisait n’importe quoi, j’essayais de l’entrainer avec moi sous l’eau tel un gamin. Mais malgré notre proximité, mes joues rougissaient dès que son corps avait un contact quelconque avec le mien. Même mes yeux tremblaient, il n’y avait que mon sourire qui restait creusé sur mes joues, j’étais heureux.

Lorsque nous remontons sur la terre ferme, je sentais mon corps entiers se délivrer de cette eau qui piquait pour ensuite ressentir un frisson. Le vent d’avril frottait sur ma peau pâle de macchabé. Mon pantalon était trempé, et lorsque je remis mon t-shirt, il s’humidifia aussi. Je remis tous mes appareils électroniques dans mes poches. Je m’approchais ensuite de Sélène et je lui donnai ma veste, passant ma main dans mon cou gêné. « Ne meurt pas de froid s’il te plait. » Mon ton était timide, et toute la gêne que j’avais eue plutôt en voyant le corps nu de Sélène remontait dans cette phrase. J’eu envie d’éclater de rire… Mais le rire aurait été mal placé. Alors je ne fis que mettre mon manteau au-dessus de ses épaules, sourire aux lèvres. Je passais ensuite ma main froide sur sa clavicule, la fis glisser sur sa nuque et retira ses longs cheveux noirs coincés dans le col de mon teddy pour dégager son cou et y déposer un baiser. Je remontais mes lèvres sur les siennes, mon autre main glissant lentement sur sa hanche.
Papa ?
Oui ?
On fait comment pour vivre sans amour ?
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Time drifts through the sky | PV Sélène

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