Arrêtez tout ce que vous êtes en train de faire : Rédemption va déménager d'ici peu. Plus d'infos ?

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Perdue? Suis tes pieds, jeune fille... [PV: Alenor Stark]

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MessageSujet: Perdue? Suis tes pieds, jeune fille... [PV: Alenor Stark] Dim 2 Sep - 20:53


La nuit s'est encrée sans sommeil dans le papier du ciel devenu noir, alors que déjà le pigment s'est dilué. Il y a laissé un gris sombre et sale, où le tonnerre semble menacer de s'abattre par les rares meurtrières que le soleil se creuse entre la muraille de nuages. Là, les rayons dorés scintillent, un instant, avant de disparaître. Il se débat, l'astre du jour. Ce matin, pourtant, ce sont ces amas cotonneux qui prendront l'avantage. Et ils dessineront ce qu'ils voudront sur la grande toile du ciel, sans l'approbation de cette grosse boule de lumière.
Qui a besoin d'approbation quand il a de quoi cacher, éloigner ce qui fait tout voir?

Liam déambule dans les rues presque vides de Birdsall, et ce depuis l'arrivée de la Lune. Il est sans aucun doute temps qu'il regagne la troupe et un lit, mais, non. Ses pas fermes sont marqués par un grincement plaintif du cuir de ses rangers, et sa stature droite est soulignée d'une chemise au blanc délavé, une guitare sèche pendant sur l'une de ses épaules tandis qu'un de ses doigts la retient par-dessus celle-ci. Le corps boisé de l’instrument porte rayures et traces du passé, une gravure le long du manche usé. Son autre main est enfouie dans sa poche, jouant avec une dizaine de petits grelots argentés, dont on ne saura la provenance. Le bruit métallique et régularisé par sa marche a l'air de le maintenir éveillé. Il soupire.
La ville s'anime, lentement. Comme toujours. Mais pas comme ailleurs. Ici le calme semble régner, mais il est justement trop flottant pour durer ou pour même prétendre être réel. Liam le sait, il le sent. Après tout qui, mieux que lui, sait délier le vrai du faux? Haha!

L'odeur humide et fraîche qui avait envahit ses narines de longues heures auparavant pour son plus grand bien, commençait à perdre de son intensité au profit d'un climat plus doux malgré l'absence du Soleil. La chaleur printanière du mois d’Avril s’immisçait dans l’atmosphère, là, réchauffant la peau pour en faire disparaître les frissons. Les lampadaires s’éteignent, le jour est juste assez levé.
Et il marche. Balaie les feuilles, chasse la poussière, pousse les graviers. Lève le nez, face à un lotissement de maisons collées les unes aux autres. Ce concept lui échappait. Comment les gens pouvaient-ils vivre quotidiennement si près les uns des autres ? A un mur de distance, à peine une séparation entre des mondes qui peut-être s’opposaient.
Une autre idée lui vint en tête. Et que penserait un gamin s’il venait à passer devant sa fenêtre, et le voyait là, errer comme un spectre au teint blanc. Et pire, s’il voyait…

Liam eut un sourire. Ephémère, discret. Quelques secondes, et son regard était déjà perdu ailleurs. Rien ne le retient jamais ici, sur Terre, vous savez… Jamais rien, jamais plus de quelques minutes. Deux pas, il se laisse tomber sur un banc au fer repeint de vert, dos aux maisonnettes qui s’éveillent. Et face à la route, juste entre deux arbres tout nouvellement vêtus de feuilles. Là. Sa guitare vient se loger sur ses jambes, il relève ses manches d’un geste précis, ses doigts font vibrer les cordes et appuient entre les frettes, laissant couler quelques notes qui semblent se suivre avec une harmonie étrange. Un air léger, qu’il n’écrira sûrement jamais. L’improvisation n’est appréciable que lorsqu’elle est perdue ensuite. Son concept est d’être crée, comme ça, sur une envie, pour jouer, pour essayer, pour mentir. Ensuite, elle disparaît. Ou imprègne un autre esprit. Le sien se libère…

Surbrillance. Ses yeux sont plantés dans l’horizon du ciel. Un insecte naît du vide, sort du cocon inexistant pour déplier ses ailes à la transparence déconcertante. On croirait facilement à une libellule, et on aurait raison. A y voir de plus près, le corps de cette bête n’est qu’humanoïde, filiforme, et féminin. D’une matière écailleuse, les oreilles pointues et les os saillants, si saillants qu’ils percent parfois la peau verdâtre. Une traînée rouge, pourpre, éclatante sur la hanche, sinueuse sur la cuisse et estompée jusqu’au talon. Comme si la blessure avait toujours été là, rongeante et pourrissante.
L’insecte volette près du jeune homme, et bientôt une seconde prend vie, marquée d’une autre cicatrice encore à vif. Une troisième, et d’autres. La nuée morbide danse, près de lui, dans les airs ou sur les barreaux verts, une valse rythmée au son de sa voix brisée, et basse. Murmurant… Murmurant…

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Alenor Stark
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MessageSujet: Re: Perdue? Suis tes pieds, jeune fille... [PV: Alenor Stark] Dim 2 Sep - 22:49

Quelques heures de train passées à lire, à dessiner, ou à écrire quelques paroles qui ne seront probablement jamais récupérées ou adaptées en chansons. Plusieurs heures passées à écouter quelques musiques, tantôt apaisantes, tantôt aggressives, tantôt tristes. Il me semble que le sommeil ne vint même pas me rendre visite. Comme chaque fois, je ne pouvais trouver le sommeil. C'est psychologique je crois. Toujours est-il que ces heures passées dans le train m'avaient semblées longues, très longues... Je n'avais jamais réellement aimé le train, la voiture ou l'avion. C'était, certes, un bon moyen d'aller d'un endroit à un autre rapidement, mais, pour une raison qui m'échappait, cela me fatiguait sans que je n'eusse rien à faire. Je détestais cela. Si je devais faire quelque chose pour me fatiguer, autant marcher, ou courrir, ou bien même faire du vélo ! Bon bon, j'en suis consciente, faire le trajet entre Eddimbourg et Birdsall, que ce soit à pied ou en velo, n'est pas une chose facile. C'est même presque inconcevable.

Lorsque la voix d'une femme annonça la gare de Birdsall, je fus totalement soulagée. La pensée d'un merveilleux lit m'attendant au pensionnat m'encouragea à ranger mes affaires et me dépecher de sortir. Un lit, un matelas moelleux, confortable dans lequel mes membres courbaturés et tendus pourraient se laisser aller. Je voulais pouvoir m'endormir et rejoindre Morphée. Au point où j'en étais, il pouvait faire ce qu'il voulait de moi. Il fallait juste que je puisse trouver l'entrée de ce magnifique pensionnat ou ce lit que je chérissais tant m'attendait, prêt à m'emmener dans le monde des rêves. Mais ce mielleux espoir de douceur s'estompa légèrement lorsque je sentis le poids de mon sac peser sur mon épaule ainsi que celui de ma valise qui allourdissait mon bras.

-Patience, tu n'as qu'un petit bout de chemin à faire ma petite. Penses au lit... Penses au lit !

Il m'arrivait peu de parler toute seule ou de délirer comme je le faisais. Cependant, le fait de n'avoir dormi que quelques heures en deux jours mettait mes nerfs à rude épreuve. Mes nerfs que j'arrivais, pour le moment, à contrôler. Si je dis contrôler, c'est parce que je n'ai ni crié, ni rien laissé apparître sur mon visage lorsque je me rendis compte que, une fois sortie de la gare, je n'avais absolument aucune idée de la direction dans laquelle je devais aller pour trouver le pensionnat que l'on nommait Rédemption. Je n'avais pas de plan, pas d'indications, je n'avais rien. Mais c'est avec sang froid que je me décidais à avancer. Après tout, je n'étais pas malchanceuse en général. Il n'y avait aucune raison que je me perde. J'allais forcement retrouver le chemin de cet internat pour rejoindre ces délicieux oreillers que j'imaginais renplis de plume.

Echappant une seconde fois à mes rêveries, je tentais d'arriver jusqu'à ma destination en choisissant mes direstions au hasard. Et, étrangement, ou peut-être logiquement, plus j'avançais et moins il me semblait probable de trouver un centre pour adolescent dans l'endroit où je me trouvais. A présent, des maisons m'entouraient, toutes collées les unes aux autres. Je me mis à rire toute seule en imaginant les voisins se parler en morse à travers le mur. J'avais vu un film où deux enfants, voisins, parlaient de cette manière. Très vite, dans mon esprit, s'installa une guerre entre deux familles voisines dont les malheureux enfants s'aimaient et ne pouvaient communiquer que grâce à ce moyen, à travers le mur. J'imaginais que la mère de la fille découvre ce qu'elle faisait et devienne folle de rage avant de prévenir son père qui, lui, décida de déménager afin que les deux jeunes tourteraux ne puissent plus vivre leur passion. Je secouai la tête et repris mes esprit avant d'inventer un total remake de Romeo et Juliet version guerre des voisins et m'arrêtais un instant. Je n'avais pas grand choix. Rester là, reculer pour trouver un autre chemin, ou encore continuer à avancer comme si je n'avais jamais fait de pause. Je ne savais même pas pourquoi mes pieds avaient refusés de me porter plus loin. Alors, je me décidai à regarder alentours. À ma droite, des maisons, entassées les une à coté des autres. À ma gauche, d'autres maisons, pareilles à celles qui se trouvaient en face d'elles, mis à part le fait qu'elles possédaient un jardin vers la rue et non cachée derrière la maison. Les balançoires, les bacs à sable, j'apperçus même quelques piscines gonflables se succeder lorsque je repris ma marche. Un arbre, imposant, un chêne surement, se dressa devant moi. N'ayant plus toute ma tête, je décidais, par pur désespoir, de lui parler, peut-être pourrait-il m'aider...

-Et toi ! Tu peux pas m'indiquer la route ?! Nan, j'imagine que t'es bien trop accupé à regarder les gens passer plutôt qu'à les aider ! Je suis sûre que t'as jamais bougé tes racines depuis que t'as été planté là ! Devant le silence, logique, de l'arbre, j'avançais encore en marmonant : Pfff... Egoiste...

Je devais déambuler dans les rues depuis au moins une demie-heure. Du moins, c'est l'impression que j'eus en entendant un air de guitare. Guidée par cette douce mélodie, tel le miel attire une guêpe, j'avançais vers cette source de bruit, croyant purement et totalement à une invention créée en partie par ma fatigue. Très vite, je vis un homme. Il ne devait pas avoir plus de 20 ans. Ses doigts glissaient le long des cordes tandis qu'elles produisaient ce son absolument envoutant qui me poussa à aller m'assoir sur ce banc. Je fermais les yeux quelques instant, laissant cette musique si douce impregner mes oreilles, ma gorge, mes poumons, bref, tous mon être. Tout doucement, je murmurai :

-C'est très joli ce que vous jouez. J'imagine que vous ne faîtes qu'improviser, mais c'est ce qui rend la musique plus belle.

J'avais laissé tomber mon sac et ma valise pour lever la tête vers la ciel. Je sentis alors une douce brise éffleurer la peau de mon visage. Un sourire se déssinait sur mon visage, me libérant alors de toutes mes tensions. Cette hallucination m'enlevait tout ce que j'avais de tendu et de crispé, je retrouvais mon calme et mon état naturel, comme si le simple fait d'avoir entendu ce morceau de musique m'avait donné une nuit de sommeil. Je sentai l'air frais du matin encore obscur me prendre dans ses bras et je réalisai qu'il était bien plus tard, ou plus tôt que je n'avais bien voulu l'imaginer.

-Vous avez du talent... Je me rendis alors compte que je parlais à une simple création de mon esprit. J'y crois pas... Je parle à une hallucination...

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MessageSujet: Re: Perdue? Suis tes pieds, jeune fille... [PV: Alenor Stark] Dim 23 Sep - 15:23


Les notes filent dans l’air, la voix sinue sur leur trajectoire, se brise et reprend. La solitude n’est plus. Un instant aura suffit, et le bruit d’un corps qui se rapproche vient toucher ses tympans. La voix de Liam s’est tue, une rouquine s’est assise là, près de lui. Il gratte toujours, sans mot dire, les yeux perdus sur le manche de sa guitare. Elle parle. Doucement. Ses doigts ne font plus qu’effleurer les cordes, laissant ce murmure emplir ses oreilles. Des compliments… Qui disait déjà qu’ils étaient menaces ? Un philosophe, un écrivain quelconque, un drogué, un artiste ? Qu’importe. Liam est tellement tout à la fois… Il sourit. Ne répond pas.
La tête rouge de la jeune femme se penche vers l’arrière et porte un regard au ciel. Le vent souffle, doucement, frais et humide de cette matinée. Les dernières nuances sonores s’enfuient. Il pose l’instrument contre le banc, tourne son visage vers elle et l’observe, sans gêne, sans se cacher. Il la regarde. La dévore des yeux.
Elle est mignonne. Des traits d’enfant, vieillis par la fatigue. Sa valise s’est égarée sur le côté, et elle semble apaisée après son long voyage, après les échos de la guitare sèche.

Les insectes humanoïdes s’étaient dissimulés à son arrivée. Derrière le voile imaginaire de leur créateur. Le silence revient, et elles réapparaissent. Liam ne les regarde pas. Il n’en a pas besoin. Il sait exactement où elles vont. Elles volent, légères, dans des mouvements fluides et lents, faisant battre leurs ailes fines. Intriguées, restant proche de l’homme, elles osent quelques approches furtives, avant de retourner se nicher sur ses genoux ou dans les plis de sa chemise.
La rousse reprend la parole.


_Vous avez du talent... Une pause. J'y crois pas... Je parle à une hallucination...

Le jeune homme eut un sourire. Plus large, avec quelque chose de carnassier et presque inquiétant, alors que ses yeux se fermaient un instant pour apprécier la brise. Le silence dura quelques secondes, le temps que la jeune femme croit elle-même à ses paroles. Le temps qu’elle ose se laisser divaguer à une prétendue hallucination bien réelle. Le temps passe, les pensées fusent, et cette sérénité étrange qui émane d’elle…
Il se penche, lentement et avec une délicatesse sans faille jusqu’à son oreille.


_Croyez-vous que votre imaginaire puisse élaborer autant de précisions nécessaires à la création d’un homme, mademoiselle ? Il se redressa, revint à sa place initiale. Si c’est le cas, votre talent doit être aussi étonnant que celui dont vous m’affublez.

Sa voix gardait son timbre de chuchotement. Comme s’il ne voulait pas sortir le Soleil de son sommeil nuageux. Pour ne pas déchirer ces draps nuancés de gris et de blanc, pour garder l’aspect terne exquis des couleurs du monde. Il aimait ce climat, celui-ci en particulier. La pluie n’est pas loin, mais pas encore assez proche pour que l’humidité n’imprègne l’odorat. Pourtant, on la sent presque inconsciemment, comme une intuition. Et nos yeux glissent sur des paysages dont les teintes sont pâlies, malades, comme de vieux tableaux poussiéreux.

Il jeta un œil à ses avant bras, posés avec une nonchalance élégante sur ses genoux. L’encrage sur sa peau le ramena en un flash à son passé, ses pensées.
Non, Liam n’avait, à première vue, rien d’un personnage fictif, n’est-ce-pas ? Et pourtant. Les mots de cette inconnue le firent plonger dans une question. Et s’il était lui-même une chimère ? Un rêve ? Si même les hallucinations sensorielles sont en son contrôle et que les émotions les plus vives sont à sa portée, comment peut-il s’assurer qu’il est bien vivant, de chair et d’os, et de sang ?

Son dos se redressa un peu plus. Il se tourna un peu vers elle, pour l’observer au mieux qu’il le pourrait. Son regard la parcourait, avec une curiosité et une insistance dont il semble avoir le don. Beaucoup seraient mal à l’aise, c’est une évidence. Les bijoux bruns dans ses yeux ont l’air de décortiquer le moindre geste, d’analyser la plus petite respiration. Comme un gamin qui observerait une nouvelle espèce d’oiseau, ou d’insecte. Il porte attention à la mobilité de la bestiole, son côté esthétique et sa façon de réagir à tel ou tel élément, avec une touche d’émerveillement face à cette découverte.
C’était ça… Liam découvrait l’Alenor, sans en connaître encore le nom.

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MessageSujet: Re: Perdue? Suis tes pieds, jeune fille... [PV: Alenor Stark] Jeu 11 Oct - 22:02

M'étant plongée dans cette musique envoûtante, je ne fis plus attention à ce qu'il se passait Mon coeur s'était emprunt de ces notes douces, provoquant en moi une sensation de calme. Mais lorsque cette si charmante mélodie s'arrêta, un sentiment de vide m'envahit. Il me sembla que quelques notes flottaient encore dans l'air avant de s’effacer totalement. Je regardais cet homme que je croyais sorti de mon imagination. Il avait un physique singulier, étrange mais néanmoins plaisant. Ses yeux marrons cernés de noirs, son allure élégante, il faisait partie de ces personnes que l'on n'oubliait pas. Mais alors que je le détaillais, sans arrière pensée aucune, je constatais avec un étonnement dissimulé que lui aussi semblait m'observer, m'épier, comme si il cherchait à lire au plus profond de moi. Une situation gênante ? Dérangeante ? Légèrement oui, mais le regard de ce personnage ne me mit pas aussi mal à l'aise qu'aurait pu le faire celui d'un autre.

Je ne m'agitais plus, je sentais la fatigue me prendre petit à petit toute mon energie alors qu'auparavant, elle m'avait énervée. Étrange chose qu'était l'état second, où l'on est plus tout à fait nous même. Cet état qui vous fait faire certaines choses que vous ne feriez pas en tant normal, qui parfois vous rend lunatique, tantôt colérique, tantôt triste ou encore morose. Je sentis le jeune homme se rapprocher. Je captais la chaleur de son corps proche de moi. Sa bouche vint se caler près de mon oreille, violant d'une certaine manière mon cercle d'intimité que je prenais, d'ordinaire, un très grand soin à protéger.

-Croyez-vous que votre imaginaire puisse élaborer autant de précisions nécessaires à la création d’un homme, mademoiselle ? Si c’est le cas, votre talent doit être aussi étonnant que celui dont vous m’affublez.

Ces mots vinrent caresser mon cou, ce qui provoqua un frison qui me parcouru entièrement. Cette voix, chaude et douce me gêna d'abord puis m'assura sur le fait que je m'étais trompée. Ce n'était pas une hallucination qui m'avait fait ressentir ce frisson. Je savais que le cerveau humain était capable de créer des sensations et des images surprenantes, mais jamais le mien aurait été capable d'inventer cette scène. Son regard s'imposa encore dans mon esprit alors que je le pensais ailleurs, pensif. Cependant, le fait qu'il soit bien réel rendait son regard plus pesant.
Je me sentais étrange. Qu'est-on si personne ne croit à votre existence ? Je ne pensais pas que cette question préoccupais mon voisin mais elle s'introduit dans mon esprit, dérangeante et envahissante. Elle me fit penser à une vielle histoire que ma mère me racontait lorsque j'étais petite. Une créature maléfique, appelée le "tallman", venait punir les méchants enfants en supprimant lentement leur existence des esprits de tous ceux qui faisaient partie de son entourage. Ainsi, il n'y avait plus personne pour admettre leur existence, plus personne pour penser à eux. Petit à petit, ces enfants oubliés voyaient certaines partie de leur corps devenir translucides jusqu'à ce qu'ils disparaissent totalement. Bien sûre, je savais cette légende inventée pour rendre les enfants sages mais le fait de disparaître ainsi m'avait toujours terrifiée.

Une idée étrange me traversa l'esprit. J'étais assise près d'un parfait inconnu, peut-être dangereux, après plus de minuit. Si cela se trouvait, il était juste là pour tendre des pièges... Dans un geste brusque, je renversais ma valise sans m'en rendre compte. Me dressant devant lui, je m'exclamais :

-Qui êtes-vous ? Vous êtes un meurtrier ? Un détraqué ? Un malade mental qui se balade la nuit et attire ses malheureuses victimes avec une musique douce et envoûtante... Comment avez-vous apprit à jouer ? C'est surprenant.

Le ton que je voulais méfiant et menaçant qui avait ponctué le début de ma phrase s'était adoucit jusqu'à devenir curieux et inoffensif. Puis j'aperçus ma valise et mon sac sur le sol. Ce dernier s'était ouvert et quelques unes de mes affaires en étaient sorties. Je ne retint pas un juron en ramassant mes papiers et objets. Je remis tout dans mon sac en soupirant. J'étais consciente que je n'avais pas l'air très maligne. Mais je ne me comportais pas de cette manière habituellement. Mon subconscient avait prit le pas sur ma raison...

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MessageSujet: Re: Perdue? Suis tes pieds, jeune fille... [PV: Alenor Stark] Lun 29 Oct - 15:11


L’œuvre. Les frissons qui parcourent la peau sous sa voix. S’il y avait bien une chose que Liam adorait faire, c’était de donner des sensations aux gens. Quelles qu’elles soient. Il aimait les laisser s’embourber dans l’incertitude, à ses côtés. Jouer avec leurs doutes, parfois leurs peurs, et leurs fascinations dangereuses. Choquer, provoquer passion, addiction, et puis… Disparaître dans un flou ambigu.

Après les quelques mots, elle semblait désorientée. Elle pensait, fort. Liam aurait presque pu l’entendre. Il aurait aimé. Inexplicablement. Et il restait là, son visage si près d’elle, son souffle qui fuit à chaque expiration dans sa nuque.
Elle tressaillit, trembla un peu plus fort ; marque d’un mouvement brusque à l’approche. Il recula, calmement, presque solennellement. Et comme prévu, elle se leva face à lui, envoyant valser sa valise pour percer le silence de mots accusateurs. Il semblait presque qu’elle avait perçu une part de ses réflexions, puisqu’elle demandait son identité. Mais lui-même n’en savait rien… Meurtrier ? Pourquoi pas. Mais envoûtant, alors. C’est ce qu’elle semblait dire. Elle devait le croire. Mais sa voix déterminée et menaçante se mit à fondre en celle d’une enfant. Inoffensive, curieuse, voilà qu’elle questionnait. Voilà qu’elle cherchait à comprendre.

Liam sourit. Très simplement, de l’un de ses sourires accompagnés d’un léger soupire rieur, étouffé entre ses lèvres. Elle s’agita alors, venant rassembler ses affaires éparpillées sur le sol. Futilités, futilités. Le jeune homme se leva, posant la guitare sur le banc à la place où il était assis, et se pencha vers la rousse. Sans un bruit, sans un mouvement de plus, il laissa la magie opérer. Sa magie.
Les vêtements et autres objets personnels devinrent peu à peu troubles, flous. Les couleurs se mélangent, dans des courbes estompées, avant de perdre de leur visibilité. Peu à peu, le tout disparait. L’homme laisse glisser ses mains sur celles d’Alenor, pour lui faire lâcher les dernières étoffes maintenant cachées par l’illusion. Il la relève, doucement, face à lui. Sans geste brusque, sans aucune hésitation dans ses gestes. Il agit à la manière d’une mélodie parfaite, dans une fluidité déconcertante, pour que le charme ne s’arrête jamais. Pour l’hypnotiser, un peu plus.

Ses yeux bruns se plantent dans ceux de la jeune femme. Ses doigts fuient ses mains, jusqu’à ses poignets, courant le long de son bras pour remonter dans la nuque, et venir furtivement toucher sa joue. Ce n’est ni une caresse ni une attaque, c’est les deux à la fois. C’est le froid de sa peau et la chaleur du geste. Une seconde, pas plus. Pas assez pour qu’elle ne prenne conscience et recule.


_L’apprentissage technique n’est rien… C’est l’âme qu’on donne aux notes qui fait un beau morceau.

Il lâche enfin son regard. Son emprise. Il se détourne doucement, glissant ses mains dans ses poches, les yeux figés dans le lointain. Les nuages sont de plus en plus gris. On discerne le soleil par une lumière blanche au travers, comme un halo dans le ciel. Il se tait. Contemple. Si les cieux sont si beaux, est-ce par la présence d’une âme ? Est-ce par celle qu’on lui donne ? Un regard différent ne voit jamais l’azuré et la grisaille de la même façon, n’est ce pas.. ?
Alors si elle le façonne comme un détraqué, c’est sans doute ce qu’il est. Liam est un fou, un menteur, et un magicien.


_Alors, je suis un meurtrier, c’est bien ça, mademoiselle ? C’est ce que je suis ?

La conscience ne l’a jamais habité bien assez pour pouvoir assumer ses actes et ses pensées à la fois. Il n’est pas conscient, il est perception et interprétation. Il est mouvement, indéfini dans l’espace et le temps. Il erre, sans réel but, sans réel passé. Liam n’est qu’une figure en évolution, chaque minute est une expérience dont il assimile la moindre nuance pour l’ajouter à sa personne.

Une goutte de pluie tombe. Glaciale, sur le bout de son nez. Le jeune homme sourit, et efface d’un revers de main la larme du ciel.

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MessageSujet: Re: Perdue? Suis tes pieds, jeune fille... [PV: Alenor Stark] Jeu 8 Nov - 10:20

Sans que je ne puisse comprendre pourquoi, je vis que mes affaires disparaissaient lentement. Prise de panique, je m'empressait d’attraper les dernières étoffes visibles. Je constatai alors que leur apparence se fanait mais que je pouvais encore les sentir glisser entre mes doigts. Je fus perplexe... Que se passait-il ? La présence du jeune homme se fit alors presque pesante. Ses mains glissèrent sur les miennes afin de me relever, ce qui m'étourdit un peu plus. Je compris que c'était lui qui avait fait disparaître mes affaires. Après tout, tout le monde ici possédait quelque chose d'exceptionnel... Je me retrouvais face à lui, sans réellement savoir pourquoi. Ce mouvement s'était produit de manière si douce et naturelle que j'avais eu du mal à m'en rendre compte. Ses doigts glacés remontèrent doucement le long de mon bras et de mon épaule, je ne compris pas ce geste, mais je savais qu'il me procurait d'étranges sensations. Une sensation de bien être mais aussi une impression de perdre mon intimité. Par ce simple geste qui se termina sur ma joue, j'avais été comme mise à nue par cet inconnu si... Étrange. Sa main disparut alors de ma peau. Ce fut comme un poignard que l'on m'enlevait, douloureux, mais soulageant.

Sa proximité s'évapora ensuite, me laissant sur place, comme pétrifiée. Ces mots prenaient peu un peu un sens dans mon esprit et la beauté de cette mélodie me parut alors tout à fait logique. Cela fonctionnait une personne. Elle peut paraître belle ou repoussante mais c'est en découvrant l'âme que l'on a pu lui donner que l'on se rend compte de sa véritable nature. Alors le beau pouvait devenir laideur et le repoussant devenait attirant. Mais je m'interrogeait quant à la véritable nature de cet inconnu devant moi. Était-il seulement un homme se baladant la nuit ? Jouant de la guitare au clair de lune ? Ne cherchant à faire de mal à personne ? Une partie de moi voulait s'en convaincre, une autre en doutait fortement. Mais voila que lui aussi m'interrogeait. Était-il un meurtrier ? Un criminel ?

-Je n'en sais rien. Je ne vous connais pas. Mais il est plutôt suspect de voir une personne se promener dans les rues en pleine nuit jouant de la guitare juste pour le plaisir. Avouez-le

Sans que je sache pourquoi, mon esprit n'était plus embrouillé. J'était lucide, dans un état normal (ou en tous, cas, cela s'en rapprochait.) Ma voix avait à la fois une intonation méfiante et froide. Tout ce que je voulais, c'était rejoindre cette saleté de pensionnat. Cet homme ne m'aidait en rien, mais il m'intriguait. Le ciel devint encore plus sombre que la nuit pouvait le rendre. Des nuages s'étaient doucement formés. Ils devaient être gorgés d'eau puisque peu à peu, des gouttes d'eau froides se mirent à tomber, rendant humide tout ce qu'elle touchaient. Ce n'était que quelques gouttes, rien de bien grave, pas assez pour être trempé en quelques minutes. Je n'avais pas bougé depuis que le jeune homme avait lâché son étrange emprise sur moi. Mon regard se posa alors sur ma valise, dont les affaires ne me renvoyaient plus aucune lumière. Je m'approchais de lui doucement.

-Non... Je ne sais absolument pas qui vous êtes. Mais il serait plus facile d'être moins méfiante avec vois si vous me donniez votre nom. Non ? Et j'aimerais aussi récupérer mes affaires si cela ne vous dérange pas trop.

Je n'avais plus envie de jouer. Je le regardais dans les yeux, déterminée. C'était simple. Il rendait visible mes affaires, je rangeais tout, et je repartais tranquillement à la recherche de ce pensionnat où je devais habiter pour me coucher et m'endormir. Rien de plus simple. Mais je ne savais pas où il se trouvait. Et je devais avouer que ce point m'exaspérait particulièrement. Soupirant, je fis un pas en arrière pour mettre une certaine distance entre lui et moi.

-Et si vous pouviez m'indiquer le chemin du pensionnat Redemption, je vous en serais reconnaissante.

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MessageSujet: Re: Perdue? Suis tes pieds, jeune fille... [PV: Alenor Stark] Sam 24 Nov - 16:06


Liam laissa divaguer ses yeux bruns sur elle. Comme il l'avait fait auparavant, avec une insistance curieuse plus poussée. Il sentait ce ton dans sa voix beaucoup plus clair, quelque chose avait changé. Avait-il perdu le fil? Hormis la mélodie, l'illusion calme qui l'entourait avait dû disparaître à son tour. Le forain eut un léger soupire, las. Elle avait raison, en un sens. Qui allait croire un type louche avec une guitare à une heure si proche du lever du soleil? Il eut un rictus, comme s'il se moquait d'elle, mais en réalité, il se moquait de lui-même. La façon dont elle venait de le tourner au ridicule le faisait rire. Enfantin, sans égo.
Elle se rapprocha. D'habitude si chaleureux et tactile, Liam esquissa un pas discret vers l'arrière. Recul. Les dernières notes dans sa voix ne lui plaisaient pas. Trop réalistes, trop directes, trop... Ancrées à la Terre ferme. Il se laissa cependant répondre, avec un air presque déçu.


_Liam. Mais je ne vois pas en quoi ça devrait vous éclairer ou vous rendre plus confiante. Je peux mentir, même là-dessus.

Il haussa les épaules, ressortant les mains de ses poches, puis vint s'accroupir à l'endroit où la valise avait disparu. Sa main s'étendit au-dessus d'elle, et passa une fois en sa longueur. Le tout re-parut à la vue de sa propriétaire. Ce qu'elle n'avait sans doute pas vu, c'était le grelot qu'il avait laissé s'échapper au milieu de la lingerie de la rousse.
Après-tout, Liam n'allait pas s'enfuir comme ça, sans laisser de trace... Ce n'était pas son genre. Il se releva, passa une main dans ses cheveux juste assez longs pour être désordonnés, et récupéra sa guitare, qu'il campa sur son dos comme à son arrivée. Alors qu'il tournait les talons pour partir, le jeune homme s'arrêta, comme s'il se rappelait d'un détail. Il hésita.


_Rédemption, hein?

Ce pensionnat ne lui avait jamais rien inspiré de bon. Il s'en passait, des trucs, derrière ces murs... Et le mieux, selon lui, c'était de ne pas le savoir! Néanmoins, si elle tenait à aller par là...

Liam revint près d'elle. Il attrapa sa main, dans un geste dénué de la sensibilité dont il pouvait faire preuve. Il lui fallait un contact, juste un contact sans intérêt. Il se pencha, posa ses lèvres au dos de la main de la rousse, et lorsqu'il se redressa, il laissa aux féeries de son invention le loisir de la mener jusqu'au pensionnat. Grâce à son second pouvoir d'attache mentale, Alenor nourrissait inconsciemment l'illusion qui la guidait. Et si tout allait bien, elle se retrouverait en quelques minutes devant les grilles...
Les libellules filiformes se mirent à voleter dans une rue, sûres d'où elles allaient car extension de l'esprit de leur maître. Crées dans ce seul but, elles demeureraient incapables de quoi que ce soit d'autre, et lorsque leur tâche arrivera à leur fin, il est plus que probable qu'elles s'évanouiront en un nuage de fumée.

Et ses pas s'éloignèrent, lourds sur le bitume brumeux d'un nouveau matin, sans prendre la peine d'un réel au-revoir.

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Perdue? Suis tes pieds, jeune fille... [PV: Alenor Stark]

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