Arrêtez tout ce que vous êtes en train de faire : Rédemption va déménager d'ici peu. Plus d'infos ?

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Ce ne sont que des mots, après tout.

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Kenny Pevers
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MessageSujet: Ce ne sont que des mots, après tout. Mar 8 Mar - 20:46

Prologue. ( Cf. Histoire, dans la fiche du perso. )


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Première note; 5 Février 2009.

J'ai toujours trouvé ça stupide. De raconter sa vie sur papier, comme ça, pour sois même ? A quoi cela sert-il, d'écrire quelque chose, dont on sera le seul lecteur ? C'est débile. Moi, lorsque ma fin sera proche, je laisserais à quelqu'un ce carnet, pour qu'il puisse le lire. J'aimerais que des tas de gens lisent cela, même. Mais si j'écris aujourd'hui, ce n'est pas pour raconter mes peines de cœur, ou autres stupidités que l'on peut trouver dans les journaux intimes d'adolescents torturés. Non. Moi je veux parler de quelque chose que je sais faire. Depuis quelques temps, j'ai découvert que j'avais une capacité, quelque chose qui surpasse toutes frontières entre le rationnel et le paranormal. Et ici, je retranscrirais les tests que je vais commencer dès aujourd'hui, voir jusqu'où s'étend mon pouvoir. J'ai toujours sût que j'étais quelqu'un de différent.

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Deuxième note; 10 février 2009.

Hier, après le sport, j'ai décidé que j'allais essayer ma nouvelle aptitude. Au lieu de me contenter du vestiaire des mecs, j'ai eus envie d'aller faire un coucou aux filles. Sauf que, depuis ma dernière expédition faite quelques mois auparavant, la porte est gardée par Madame Stonen, la professeur de sport. Impossible donc, normalement, d'y aller. Mais le mot impossible m'est bien égale à présent. Je me suis donc enfermé dans les toilettes, et ai fermé les yeux. Très vite, des cris affolés et féminins retentirent autour de moi. J'ouvrais les yeux, pour découvrir avec délice, toutes les filles de ma classe toutes en petites tenues, s'agitant à mes côtés. Hélas, cette vue forte sympathique fut courte. La prof, alertée par les cris, a débarqué avec fracas, et m'a tiré par le col avec violence, en dehors de la pièce tiède. Elle a prévenu mes parents, et le soir même, je me suis pris une bonne raclée par mon père. Énervé, la peau douce de ma joue meurtrie par la gifle que m'avait assené mon géniteur, je me suis donc enfermé dans ma chambre. J'en avais tellement marre de cette maison, que je me suis pris à vouloir partir un moment, loin. C'était juste une pensée. Mais il y avait mon pouvoir. Très vite, une brise glacée vint se frotter contre ma peau. Instinctivement, j'avais resserré mon pull contre moi, avec mes bras, sans réaliser ce qui venait de se passer. Mes pieds étaient enfoncés dans quelque chose de glacé, humide, mou. Tout autour de moi était blanc. Il m'a fallut peut-être une minute, avant de réaliser que je n'étais plus dans ma chambre, mais dans une vaste étendue de neige. J'avais lâché un petit rire émerveillé en faisant un tour sur moi même, pour observer avec attention tout ce qui se trouvait autour de moi. Je n'avais pas la moindre idée d'où je me trouvais, mais j'avais encore une fois réussi. Et cette fois pour aller loin. Je faisais quelques pas dans la neige, qui m'arrivait au genoux, cherchant un indice pour savoir où j'avais bien put atterrir. Mais, très vite, le froid devint trop insupportable, et je décidais de rentrer. L'air se fit plus chaud, soudain. J'étais de retour dans ma chambre. Avec un soupir de soulagement, je m'étais couché sur le lit, les pieds et les mollets encore pleins de neige.

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Troisième note; 20 mai 2009.

Je crois qu'aujourd'hui je suis allé trop loin. Cela fait un moment que j'ai délaissé ce carnet, mais j'ai continué à utiliser mon pouvoir. A tort et à travers, dans mon propre intérêt, toujours. Pour aller espionner les gens dans leur douche, pour piquer dans les magasins, pour aller à l'étranger, même, deux ou trois fois, bien que ce dernier type de voyage soit terriblement épuisant, et que j'ai eu à chaque fois peur de ne pas pouvoir rentrer.
Mais là j'ai fais autre chose. Je me suis téléporté, ce soir, car je m'ennuyais, dans la rue. J'ai choisis au hasard. C'était sans vraiment réaliser à quel point là où j'ai atterrit était mal famé. Je suis arrivé en pleine dispute entre deux gros types. J'ai voulu m'éclipser discrètement, mais ils m'ont remarqué. Le plus proche de moi m'a attrapé par le col, pour me demandé ce que j'avais entendu de leur conversation. J'ai beau eu lui répété que je n'avais rien entendu, il a continué de me secouer dans tous les sens, refusant de me croire. Alors je me suis téléporté, plus loin. Sauf que même si je n'étais plus dans la même rue, le type me tenait toujours. Il me fixait, sans comprendre ce qui venait de se passer. Puis il m'a projeté violemment au sol. J'aurais put encore fuir, mais j'étais trop pétrifié. L'homme s'est approché, et m'a écrasé de son pied la main gauche. J'ai sentis tous mes os se briser, dans un atroce bruit. L'homme me cracha de ne plus jamais me mêler de ses histoires, et est parti presque en courant, non sans me traiter de monstre. Je suis resté assis par terre, ma main gauche tenue tant bien que mal dans la droite. Puis, quelques minutes le temps de me remettre, je suis rentré, par téléportation. J'ai mal, et je suis encore sous le choc. Ma main saigne, et est totalement déformée. Je n'arrive plus à la bouger. Et je suis un monstre. Je vais arrêter d'utiliser mon pouvoir.

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Quatrième note; 31 Août 2009

Demain, je pars. Avec Jaden, dans une école, dans un coin paumé du York. Je ne sais pas ce que cela va donner. Il s'est écoulé pas mal dedans depuis que je me suis cassé la main. Elle n'est toujours pas vraiment remise, j'ai encore du mal à l'utiliser. Je ne me suis pas téléporté depuis l'incident. Mais je pense que d'aller dans ce « centre » comme ma mère l'appelle, cela pourra m'ouvrir une autre vie. Peut-être, que je pourrais recommencer à utiliser la téléportation ? C'est vrai que cela me manque. Ça fait un moment que je n'ai pas observé de charmante demoiselle ou de beau jeune homme sous la douche tiens... Hm. Oui. Allez, zou, cette histoire de mai dernier est loin, à présent. Kenny est de retour, prenez garde à vos jolies petites fesses, élèves de Rédemption, héhé !

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MessageSujet: Re: Ce ne sont que des mots, après tout. Mar 8 Mar - 21:24

Chapitre 1er ; Prenez une salle de bain, un peu de séduction glacée, mélangez cela, et vous obtiendrez un Kenny tout déboussolé.


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Mercredi 2 Septembre 2009; 1h27

    J'avoue que je ne pensais pas reprendre ce journal une fois arrivé ici. Je l'avais quand même glissé dans ma valise, par instinct, diront nous. Ainsi donc, je me retrouve, assis sur le sol glacé de la salle de bain de ma chambre, à écrire. C'est plus fort que moi. Si j'écris, cette nuit, si tard – ou plutôt si tôt – c'est parce que, aujourd'hui, je l'ai enfin refait. Oui oui, je me suis de nouveau téléporté. Il y a un peu moins d'une heure, je dirais. Ne trouvant pas le sommeil – retour de mes insomnies...? - j'ai décidé d'aller faire un tour en bas. C'est à dire dans la chambre se trouvant sous la mienne. C'est ainsi que j'ai atterri dans cette salle de bain. Où je me suis violemment ramassé, je l'avoue. Mais ce n'est pas ça, le plus important. Alors que je m'apprêtais à me faire jeter comme un malpropre, une bombe m'a accueillit avec un grand sourire... Une asiatique. Mon dieu, j'adore les asiatiques. Bref. Une adorable demoiselle donc, qui ne m'a pas jeté, bien au contraire. Elle est tout de suite rentrée dans mon jeu de séduction. Ainsi, nous nous sommes mutuellement tournés autour l'un de l'autre, dans cette minuscule salle de bain, mais surtout, dans le noir.

    Ainsi, Abbi, qu'elle s'appelle, m'a fait tourner en bourrique, avec son charme exquis, et sa froideur terriblement délicieuse. Quand je dis froideur, c'est au sens littérale. Elle a un don, aussi, comme tout le monde ici. Le sien, c'est la glace. Et je n'ai jamais autant apprécier avoir froid de toute ma vie.

    Et je peux l'avouer ici, mais, c'est la première fois que j'aime autant jouer ce genre de jeu avec quelqu'un. La dernière fois que j'ai ressentis un sentiment semblable, c'était avec Tom. Et elle est passé devant, vraiment. Tu y crois ? Avant Tom ! Je n'aurais jamais pensé que cela pouvait être possible. Ce type, est certainement une des seules personnes que j'ai... aimé. C'est la première fois que je l'avoue. Jusqu'à présent, je ne l'avais jamais formulé ainsi. Et pourtant, c'était vrai. J'étais totalement amoureux de lui. Mais il n'a pas dut s'en rendre compte. Sinon, il ne m'aurait pas abandonné, en me qualifiant d'idiot immature. Si il savait à quel point je tenais à lui, si il s'était seulement rendu compte que son absence m'avait détruit, peut-être qu'il serait resté près de moi... Peut-être. Mais peut-être pas. Il est certainement vrai que je suis cet idiot immature... Je dois l'être, pour l'avoir laissé partir ainsi. Pour ne pas m'être accroché à lui. J'aurais dut laisser ma fierté de côté... Bien, voilà que je me met à presque pleurer sur cette histoire vieille de six mois. Il faut tourner la page. Et j'espère que ce jeu, débuté avec Abbi, m'aidera.

    Je me sens stupide, à présent. Je m'étais pourtant juré que ce ne serait pas un de ses journaux pleins de niaiseries. Ahlala. Je crois que je vais m'arrêter là, pour cette nuit. La fatigue me guette. Je ne sais pas si elle est physique ou morale, peut-être les deux. M'enfin bon, je vais retrouver ce lit miteux, pour tâcher de finir ma nuit correctement et arrêter de déblatérer des conneries comme cela.



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MessageSujet: Re: Ce ne sont que des mots, après tout. Mer 16 Mar - 21:58

Chapitre 2 : Morphée est d'humeur étrange.

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Jeudi 3 Septembre; 00:19

    Non, je ne dors pas. J'écris. Je ne sais pas ce qui me prend, de prendre deux jours de suite des notes, ainsi. Peut-être que cela m'aide. Je pense. Enfin, aider est un grand mot. Au moins, cela me permet de m'occuper, plus tôt, et de mettre à plat ma journée, ses évènements. J'espère certainement trouver des réponses, que ma main viendrait tracer d'elle même le fond de ma pensée, le vrai, sans chercher à modifier celle-ci. Je pense que cela est dur. Mais peut-être que la fatigue morale, et vaguement physique, pourra m'aider. Je l'espère. Je vais tâcher de faire de mon mieux, pour relater les évènements, mes sentiments de la manière la plus fidèle. Je vous le promet, vous, mes lecteurs inexistants. Vous, témoins de ma pensée, témoins de ce bout de papier, qui me révèle. A la manière d'une autobiographie, je promet de dire la vérité.

    Commençons. Aujourd'hui, j'ai fais la connaissance d'Asami. Asami. Cette peste. Elle m'insupporte. C'est simple. Tout, en elle, me rebute. Je ne sais pas trop exactement ce dont il s'agit. De son air « Je suis gentille, je vous le promet. » ? Je ne suis pas le mieux placé pour critiquer cela, mais niveau hypocrisie, qu'elle s'en rende compte ou non, cette fille là en tient une couche. Elle ne me paraît pas vraie. Pas sincère. Il y a quelque chose de louche, en elle, qui me dérange. A sa vue, je le sens, une espèce de colère froide s'empare de moi. J'ai déjà ressenti cela auparavant, mais de manière beaucoup moins forte. Clairement, j'ai envie de la faire souffrir. Et je me promets de le faire. De la faire souffrir, de la traiter, comme elle traite Abbigail.
    Oui, car il faut savoir une chose. Abbi. Asami. Elles sont dans le même corps. Ce ne sont pas les mêmes personnes, et pourtant, elles doivent partager leur vie. Cela me tue. Je sens exactement lorsque c'est Abbi qui prend le contrôle, et quand c'est Asami. Il se produit quelque chose. Vous devez vous demander, comme cela se fait-il, que j'assimile aussi bien cette schizophrénie ? Moi même je me le demande. Je pense, qu'il ne s'agit pas là de schizophrénie. Cela n'est pas une maladie. Cela n'est pas réparable à coup de thérapie ou de calmants. C'est seulement la nature, qui a décidé d'être atrocement cruelle, n'offrant qu'un corps, pour deux personnes, totalement différentes. Pourquoi ? La question reste en suspens, hélas. Et le restera certainement pour toujours. Il y a des choses qui ne s'explique pas.


    Ces quelques jours, je ne trouve plus le sommeil. Mes nuits se résument à deux heures de sommeil environ, pas bien plus. Morphée m'a tourné le dos, refusant de me prendre dans ses bras, me laissant à mon triste sort d'insomniaque. Et pourtant. Dans ses bras à elle, je me suis endormi. En plein après-midi. Nous avons cédé. La partie est finie. Un autre jeu vient de se lancer. Je ne sais pas quand ce dernier finira. Mais, l'idée de perdre celui-ci, à présent, m'est intolérable. Je jouerais, jusqu'au bout, cette fois-ci. J'ai déjà perdu, par le passé, et je ne veux plus jamais devoir essuyer ce genre de défaite, trop douloureuse.

    Je sais que ces quelques notes sont assez mal écrites. Floues. Mal organisées. Presque incompréhensibles. Mais je m'en fiche. A la limite, je suis le seul à les lire. Il n'y a pas de destinataires, à ces quelques mots. Si ce n'est moi. Au final, je ne veux pas que l'on lise ce carnet. Je ne veux pas que l'on sache tout cela, de moi. Je ne veux pas que l'on découvre mes faiblesses. Ce carnet, c'est certainement l'arme la plus fatale, pour me nuire. Je ne veux pas briser cette armure, que je me suis forgé. Je tiens à rester Kenny. Kenny, le gamin qui n'a rien compris à la vie. Kenny, l'idiot vantard, dragueur, joueur. Je ne tiens pas à ce que l'on découvre Kenny, le perdant. Non. Je tiens à mon image. Je l'entretiens activement. Je me plaît à jouer un jeu, à porter un masque. Ce n'est pas pour rien que j'ai fait du théâtre, petit. Ce n'est seulement au tombé de rideau, que les gens pourront entrevoir ce qu'il en est vraiment de moi. Seulement à ce moment là. Quand le spectacle sera terminé. Pas avant.

    Je pense que je vais beaucoup écrire, ses prochains jours. Ou pas. Je ne sais pas trop, à vrai dire. J'ai une espèce de pressentiment, comme quoi cette histoire est loin d'être finie. Mais à vrai dire, je n'ai jamais été quelqu'un de perspicace. Ainsi, sur ses quelques mots, je vais refermer ce carnet, je pense. Je vais certainement aller m'enfoncer dans mon lit, quittant cette petite salle de bain froide, qui est devenue mon lieu de réflexion et d'écriture par excellence. J'irais glisser ce carnet dans mes vêtements, de manière à ce qu'on ne mette pas la main dessus.

    Je divague encore. Alors, cette fois, je le redis. C'est finit pour aujourd'hui.


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MessageSujet: Re: Ce ne sont que des mots, après tout. Sam 26 Mar - 13:44

Chapitre 3 : Renaissance.

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Mercredi 9 septembre; 15h23

    Aujourd'hui, je n'écris pas en pleine nuit. Aujourd'hui, je n'écris pas depuis ma salle de bain. Car, cette nuit, j'ai dormis. Pas toute la nuit, certes... Avant, je suis sorti. Je me suis téléporté en dehors de la chambre, ne supportant plus ma chambre. Et j'ai rencontré cette fille. Non, je précise de suite que je n'ai pas trompé Abbi. Enfin, « trompé », est-ce que l'on pourrait dire cela ? Je ne sais pas vraiment quelle est la nature de notre relation, alors bon... Mais bref, je ne suis pas là pour parler de mon asiatique.

    Voilà, donc. Il y a eu cette inconnue. On ne peut pas dire que nous ayons eut une grande discussion, mais, parfois, le silence en dit bien plus que les paroles... Je me suis laissé aller. J'ai arrêter de jouer mon rôle. J'ai laissé tomber le masque, par la parole. Mon visage, tout comme le sien, était couvert par la pénombre de la nuit. Nous sommes donc resté tous deux dans cet anonymat si réconfortant. Je suppose qu'elle aussi, avait besoin de respirer un bon coup.

    Et la pluie est tombée.

    Cette pluie, cet orage, a essuyé bien des réflexions. Elle a coupé court à cette entrevue, nous renvoyant tous les deux dans nos chambres respectives. Enfin, c'est moi, surtout, qui ais emmené la demoiselle dans la sienne, mais passons.
    J'ai donc finit dans ma salle de bain, trempé jusqu'aux os. Je me suis endormi presque aussitôt, je crois. A même le sol. Lorsque, finalement, un de mes camarades a pénétré dans la salle de bain au petit matin, je me suis réveillé, le souvenir de cette nuit encore gravé dans mon esprit. Enfin bon, à dormir sur le sol, j'ai écopé de courbatures atroces, et la pluie glacé m'a rendu bien malade. C'est pour cela qu'au lieu d'être en cours, je suis à l'infirmerie, dans un des lits, tandis que Mlle. Strauss s'affaire vers je-ne-sais-quel autre élève. J'ai la gorge en feu, j'ai froid, chaud, enfin bref, un bon gros rhume quoi. Et, peut-être, est-ce la fièvre qui me fait réagir, mais... Il faut que je me reprenne. Vite.

    Il y en a marre de faire mon gros sentimental, ses derniers jours. Je ne sais pas ce qu'il me prend d'être ainsi. J'ai donc décidé de changer. De renaître. De laisser de côté toutes ses pensées qui me tourmentent depuis quelques jours. On prend une grande inspiration, on laisse se dessiner sur son visage un sourire, des yeux charmeurs, et on redevient le Kenny d'avant. Je ne suis pas ici pour devenir quelqu'un de bien, hé.

    Je vais dormir, je crois. Encore, oui. A croire que le sommeil qui m'avait quitté depuis mon arrivée ici revient tout d'un coup, brutalement. Cela me va. Il faut que je sois en forme, dès à présent, pour faire tourner en bourrique les élèves de cet établissement. Ma prochaine victime ? Asami.


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Hold my heart,
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MessageSujet: Re: Ce ne sont que des mots, après tout. Dim 3 Avr - 20:29

Chapitre 4 : Divagations.


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Samedi 12 Septembre; 02h58.

    La pluie bat violemment la petite fenêtre de la chambre, et le tonnerre résonne presque à en faire trembler les murs. Comment dormir dans une telle situation ? Bon, okay, je n'ai pas besoin qu'il y ait du bruit, pour ne pas réussir à dormir...

    Enfin bref. Ce soir, ou ce matin, si j'écris, c'est parce que tout simplement, cet orage m'inspire.

    J'ai toujours voué une certaine admiration à l'orage. Ce déchaînement de la nature, c'est juste... Impressionnant.

    Je suis jaloux de ces éclairs. Eux qui, l'espace de même pas une seconde, arrivent à illuminer le ciel. Eux, qui s'abattent si violemment, fatalement, tel un châtiment divin. Ils font frémir, par leur simple éclat et leur cri, tous les êtres faibles qui se trouvent aux alentours. Leur danse saccadée effraie, fait sursauter. On les craint. On a peur qu'ils viennent nous tomber sur la tête. On a peur d'être leur prochaine proie.

    Ils sont éphémères, brefs, lointains. Et pourtant, ils arrivent à dominer ce monde, à s'imposer. Leur hurlement terrible vient se mêler au tapage irrégulier de la pluie, dans une mélodie macabre, menaçante. Comme pour nous rappeler notre condition d'humain, notre faiblesse. Nous sommes juste des petites choses fragiles, que la mort guette sans cesse, que nous croyons dominer la nature, alors que c'est elle, qui nous domine. Qui choisit de nous laisser la vie sauve, ou non.

    Ainsi, j'aimerais avoir l'impact d'un orage. Éclairer les autres de mon éclat froid, à la fois fascinant et inquiétant. Les éblouir. Que ma voix les fasse trembler. Leur donner l'impression que je peux arriver à tout moment. Les surprendre. Les dominer. Leur rappeler leur faiblesse. Leur inspirer de l'admiration, autant que de la peur. Donner cette impression d'être intouchable. Pouvoir laisser tomber toute ma puissance sur une tierce personne. D'un seul coup, d'une seule attaque, la toucher si violemment, que les conséquences seront plus terribles que l'impact lui même.

    Quand je me relis, je trouve ma façon de pensée assez malsaine. Mais je ne vais en aucun cas démentir ces propos. Je les pense. Et cela se confirme, à chaque coup de tonnerre qui retentit dehors, résonnant dans la petite salle de bain dans laquelle je suis assis. Je sens un courant inexplicable parcourir tout mon corps, me faisant frissonner. Pas des frissons de peur, non...



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MessageSujet: Re: Ce ne sont que des mots, après tout. Jeu 2 Juin - 20:20

Fermer les yeux. Souffler un bon coup. Chasser les pensées. Les images. Les pulsions. Se retenir de crier. De se faire mal. De faire mal aux autres. Faire taire les voix. Contrôler ses faits et gestes. Se calmer.

J'ai commencé ma descente aux enfers.
Mais pas tout seul. Il est là, dans ma tête.

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MessageSujet: Re: Ce ne sont que des mots, après tout. Jeu 1 Sep - 9:52

Chapitre 5 : La fuite.


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Novembre.

    Habituellement, je ne suis pas quelqu'un de lâche. J'aime les personnes de Rédemption. J'aime le centre, en quelque sorte. Aussi étrange que cela paraisse. Mais je n'y suis pas à ma place. Je m'y sens en danger. Je n'en peux plus. Il faut que je m'en aille.

    Mais, encore plus que le danger, ce que je redoute, c'est la solitude. Ainsi, je ne partirais pas seul. J'irais avec elle.

    Je ne sais pas encore comment. Je ne sais pas encore quand. Bientôt je suppose. Le plus vite possible. Je verrais. Je trouverais. J'ai déjà quelques idées.

    En ville s'est installée une troupe de forains. D'après les rumeurs, ils ont aussi des pouvoirs, comme à Rédemption. Peut-être que... peut-être que oui, j'y ai ma place. C'est une solution. Je verrais. J'ai besoin de réfléchir avant.

    Mais je ne veux plus tuer. Je ne veux plus être une marionnette. Mais je sais que je suis trop faible. C'est un fait. Je ne peux pas lutter contre ce mal qui contrôle ma tête. C'est ma faute. Si je veux y mettre fin, je dois partir.



Je suis désolé, Seth. Repose en paix, à supposer que cela soit possible ici. L'enfer nous guette, tous.


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MessageSujet: Re: Ce ne sont que des mots, après tout. Sam 22 Oct - 15:46

Chapitre 6 : La renaissance. La vraie cette fois-ci ? Je l'espère. Sincèrement.


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Décembre.

    Mes pas, dans la neige, s'effacent, lentement. Je n'suis plus qu'une trace éphémère dans l'histoire de Rédemption. Il fait froid, j'ai d'ailleurs un peu de mal à écrire. Je suis assis sur un de ses bancs miteux du parc de Birdsall. La neige continue de tomber, et humidifie lentement mes vêtements, ma peau, mes cheveux. Mais je me sens libéré. D'un poids.

    Certes, j'ai toujours l'impression d'avoir les mains souillées de sang, mais je sais que je ne tuerais plus. Je ne me laisserais plus jamais avoir par ce monstre. Plus jamais. Il commence vraiment à faire froid, et nuit en plus. J'ai pris cette décision sur un coup de tête. Mes affaires sont toutes là, à côté de moi. Je vais aller à la fête foraine. J'ai déjà entendu parler de Jackson McKeller. Il m'acceptera, je le sais.

    J'ai laissé un mot à Abby. Libre à elle de me rejoindre.


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MessageSujet: Re: Ce ne sont que des mots, après tout. Lun 24 Oct - 17:14

Chapitre 7 : Flash-Back.


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Décembre, même jour que la note précédente, quelques heures plus tard.

    Ils m'ont accepté. Je suis si heureux. Je me sens libre. Je me sens revivre. Enfin, j'ai cette sensation de sécurité qui me manquait tant. En quelques heures, j'ai réappris à vivre. J'ai croisé tellement de visages heureux... Tellement de personnes que je sentais comme moi. Je me suis surpris à me sentir enfin comme avant. J'ai même fait du charme à quelques jeunes gens croisés au parc.

    Cela fait du bien de se sentir de nouveau normal.

    Mais il y a une fausse note. Ou presque. Non ce n'en est pas vraiment une, en fait. A peine mon corps s'est-il enfouit sous les couvertures de ce lit prêté par Jackson, à peine le sommeil avait-il commencé à me titiller, que je me suis rappelé de la nuit dernière.

    Les blessures que j'avais trouvé sur mon corps, ce matin, au réveil, me brûlèrent subitement, tandis que je revivais ces minutes de cauchemar. J'ai tout revu. Emma. Le centre. Ma lutte mentale. Tout. Mais aussi... Cette acte. Je l'avais téléporté sans que le directeur ne le remarque. Je l'avais aidé à s'enfuir. Cela me fit chaud au cœur.

    Peut-être étais-je quelqu'un de bon, au fond. Peut-être.

    Il était toujours temps de se construire une nouvelle vie.


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MessageSujet: Re: Ce ne sont que des mots, après tout. Mer 14 Déc - 12:54

Chapitre 8 : Dreamed of Paradise.


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24 Décembre au soir.

    Tout devrait être parfait. Je suis à ma place dans la troupe. C'est la première fois que je me sens aussi bien quelque part. Je pense que j'ai trouvé ma « maison ». D'ailleurs, ils sont en train de réveillonner au moment où j'écris.

    Mais je n'ai pas l'envie de me joindre à eux.

    Je me sens incomplet. Pourquoi ne vient-elle pas ? Pourquoi n'a-t-elle pas répondu à mon mot ? J'aimerais qu'elle me rejoigne. Elle est la pièce manquante à mon Paradis. Elle est celle qui pourra faire taire mes cauchemars, trace de Rédemption qui s'agrippe de toutes ses forces à moi, ne voulant pas laisser mon esprit tranquille.

    Mais elle est restée dans cette part de mon passé, et je ne parviens à trouver le courage suffisant pour aller la chercher. Retourner à Rédemption causerait ma perte définitive. Je ne peux pas y aller.

    Je suis ainsi tiraillé entre des sentiments complexes une nouvelle fois.

    En plus il y a aussi Aaron. Je ne sais plus quoi penser de lui. Depuis que je l'ai revu, depuis qu'il m'a sauvé la vie, j'ai besoin de le voir. Je suis dépendant de lui. Comme un drogué en manque, quand je ne le vois plus pendant trop longtemps, je me sens mal. J'en deviens malade. En fait, il est la seule chose qui me reste de Rédemption, la seule chose qui ne me donne pas envie de m'écrouler en citant le nom de ce centre sinistre.

    Je ne sais pas définir tous ses sentiments pour le moment. Tout ce que je sais, c'est que les deux personnes que j'ai jamais aimé de toute mon existence sont loin de moi. Trop loin. Et ça fait mal.

    Revenez, je vous en supplie. Je ne peux vous remplacer, c'est impossible.

    Ne me laissez pas.

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MessageSujet: Re: Ce ne sont que des mots, après tout. Dim 11 Mar - 13:55



Chapitre 9 : Oh please...


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Janvier

    ... don't fuck with my head..

    Il se passe des choses. Il s'est passé des choses. Trop ? Pas assez ? J'ai eu des doutes, des déceptions, des manques, des sourires, des joies, des peines, des hauts, des bas,... Tout cela, en si peu de temps. Je pensais que ma vie allait se calmer après Rédemption. Mes sentiments envers certaines personnes ont évolués. J'ai fait de nouvelles rencontres. J'ai perdus des gens. J'ai l'impression que ma vie est balayée par une vraie tornade en ce moment. Tout s'envole, tout change, se déplace, de nouveau éléments sont apportés... Ma vie est un puzzle dont les pièces ne font que changer.

    Comme ses phrases écrites au fur et à mesure de ma plume hasardeuse.

    Hé, les Wentworth... Arrêtez de jouer avec ma tête.

    Aaron... Je t'aime, ok ? Je t'aime, comme j'aime Abby. Je sais que c'est à sens unique. Je sais que j'ai fait des choses que je n'aurais pas dut. Je sais que je suis égoïste, mais c'est plus fort que moi. Je ne suis pas désolé pour ce baiser, j'avais besoin de le faire. Un accomplissement personnel, tu vois ? Voilà.

    Comme une petite fille, je suis tombé amoureux du grand garçon aux yeux bleus et à l'air mystérieux. Celui qui sauve les vies, qui a son air fort et inaccessible, alors qu'au fond... Qu'au fond c'est quelqu'un d'autre. Quelqu'un de plus faible qu'il ne le laisse paraître. Aaron, tu me prends vraiment pour un imbécile ? Non, je ne le suis pas, du moins, pas totalement. Je t'observe, tu sais.

    Je t'observe même, avec mes prunelles admiratives. Ouais, je t'admire, je te désire, mais aussi j'essaye de te comprendre. Je sais que cela peut paraître pathétique. Trop pleins de sentiments, n'est-ce pas ? Bah, je m'en fiche des avis. Je me fiche de tous les regards, si ce n'est du sien. Du sien qui se détourne. Qui ne semble pas vouloir me regarder encore dans les yeux. Je ne sais pas si je peux encore te voir, moi aussi. Je pense qu'il faut que je range mes sentiments de côté, et que je te laisse tranquille... Comme me l'a dit Ariane.

    Prend soin de toi. Je serais toujours ton petit elfe, hein ?

    Ariane... Hé... Petite rouquine, pourquoi tu caches tout cela ? Pourquoi tu fais passer tes sentiments avant ceux de ton frère ? Tu es forte, tu encaisses... Mais il faut que tu t'ouvres. Je t'admire, et j'ai envie de t'aider. Attention jeune fille, tu viens de te mettre Kenny sur le dos, et il est pas près de te lâcher !

    Oui, parce que, avoue, tu es quand même nettement plus jolie quand tu souris. Parce que voir ton visage triste, te voir pleurer, c'est une vraie torture. Ça fait mal, tu sais ? Je comprend même pas que ton frère te laisse porter tout ce que tu ressens comme cela. T'es le genre de personne pour qui on tuerait, pour apercevoir ne serait-ce que l'ombre d'un sourire sur ton visage. Où est la rouquine flamboyante et pleine de vie, dit ? Je vais tout faire pour qu'elle revienne, t'inquiète.

    Parce que... Parce que quoi au juste ? Non mais je vous jure, entre toi et ton frère, vous allez me rendre encore plus barges avec tous ses sentiments que vous déclenchez...


    Je t'attend. Toujours. Putain, Abby, t'es où ? J'ai besoin de toi, encore. Je t'aime, Abby, sérieusement... Mais certainement que toi, tu ne m'aimes plus. J'ai un vide. Parfois, j'approche de Rédemption, pour venir te voir, mais c'est trop dur. Sérieusement, ce lieu me tue. Je ne peux plus y aller. Alors viens. Retrouve moi, s'il-te-plaît.

    Tout ce qui nous est arrivé... Tout ça, c'est gravé en moi tu vois ? Tu fais partie de ma vie. Ma vie passée. Mais je veux te ramener dans mon présent. J'en fais des cauchemars. J'imagine les pires scénarios, dans ma tête. Ils ne t'ont pas eu, hein, Abby ? Dis moi que tu es encore vivante, s'il-te-plaît... Ça me tuerait. Je suis désolé pour tout ça. Je t'aimerais, toujours, quoi qu'il advienne, Abbigail.



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MessageSujet: Re: Ce ne sont que des mots, après tout. Ven 22 Juin - 9:55

Chapitre 10 : Help, I'm alive


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Mars.

    Hé oui, je suis encore là. J'ai tendance à me laisser oublier, ces derniers temps. Je n'ai plus grand chose à dire. Aaron n'est plus là. J'ai un vide, mais je survis. Je n'ai toujours pas revu Abby. Rédemption ne fait plus partie de ma vie, je crois. Et Ariane... Ariane, sa petite tête rousse me manque.

    J'ai arraché quelques pages dans mon carnet. Presque toutes. Je veux effacer de mon histoire tout cela, un point c'est tout.


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MessageSujet: Re: Ce ne sont que des mots, après tout. Dim 21 Oct - 10:57






Tome 2



« Introduction ;»
Mai 2010


J'ai l'impression, qu'encore une fois, tout vient de s'effondrer. C'est comme si une force malsaine s'amusait à me retirer tout ce que j'aime. Cela avait commencé il y a bien longtemps avec ma confiance, et mon amour propre. Puis l'amour. Tom, Abby, Aaron. Tous, ils m'avaient été arrachés, les uns après les autres.

Et maintenant, mon nouveau foyer était parti en fumée. Ma nouvelle vie.

Si vous avez déjà été pris dans un incendie, celui de votre maison, par exemple, vous saurez probablement comprendre. Comprendre la douleur que provoquent ces flammes, quand elles viennent lécher votre peau. La douleur des cris, qui retentissent autours de vous. Les pleurs. Une parcelle de vie qui s'évapore, à chaque instant. Un souvenir qui se consume. Tout devient noir. Tout se perd.

Le premier réflexe est certainement de se sauver soit même, et ceux qu'on aime. C'est ce que j'ai fait. Grâce à mon pouvoir. J'ai sauvé ce qu'il me restait. J'ai écarté des flammes le plus de personnes possibles. Le plus. Ceux qui m'avaient accueillit, ceux qui m'avaient sauvé, de manière certaine, du cercle vicieux de Rédemption, et de mes pulsions suicidaires. Ils étaient tout, pour moi. Tout. Et voilà que le feu, ce vicieux élément, venait tenter de les dévorer. De les arracher au monde. A la vie.

Je n'ai pas beaucoup de souvenirs de cette soirée, au final. Je me suis épuisé à éloigner la mort de ma communauté. Jusqu'à me retrouver face à la mort, en personne.

Matthew. Matthew, était en face de moi. Ses prunelles bleues, effrayées, se sont portées sur moi. Il était à quelques mètres de moi. Encerclé, presque avalé par les flammes rougeoyantes. J'étais déjà épuisé. Je me suis concentré. J'ai fait tout mon possible. J'ai vu Aleksander, non loin de là, qui observait la scène, à travers les flammes. Il était tout proche, lui. Assez pour tirer par le bras Matthew, l'écarter de là. Le sauver avant que cela ne soit trop tard... Mais c'était trop tard. Déjà trop tard. L'homme blond est parti, en osant même m'adresser un regard, et j'en suis certain, l'esquisse malsaine d'un sourire. Mon attention s'est de nouveau portée sur Matthew. Et là, sous mes yeux son corps a sombré. J'ai courus, malgré le feu et la fumée. Je l'ai attrapé, mais c'était trop tard.. J'ai tout juste réussis à nous sortir de là, dans un effort ultime de concentration. Puis je me suis écroulé sur le sol, à de nombreux mètres plus loin, à l'abris, avec le reste de la troupe. Et j'ai sombré, avec comme dernière image dans mon esprit ce visage ayant perdu la vie.

J'ai même cru être mort, moi aussi. Cela aurait été presque plus simple. Radical. Je n'aurais plus eu à combattre, n'est-ce pas ? Ainsi... Je n'aurais plus à me confronter à la perte. La perte, ce motif presque récurant dans mon existence.

Mais non. Je me suis réveillé. Quelques jours plus tard. Quatre jours plus tard, exactement. J'ai rouvert les yeux, avec cette impression de sortir d'un mauvais rêve. Mais non. Tout cela était bien réel. La troupe, les attractions, tout cela n'était plus qu'un triste tas de cendres.

Le terrain vague était revenu un espace sans vie. Un espace triste. Les rires, la musique, et les odeurs laissaient place à un silence froid. C'était un vide immense, dans la ville, et en chaque être qui venait de perdre un foyer, un être aimé, des souvenirs... On venait d'arracher sauvagement à une famille leur moyen d'exister, leur raison d'être.

Une famille, qui s'est vengée. Une des premières choses que Chris m'a annoncé au réveil, c'était que le Directeur de Rédemption venait de mourir. Mon bourreau de ces derniers mois n'était plus. Cela m'avait causé, dans le fond, un profond sentiment de libération. Libre. J'étais libre de mes cauchemars les plus profonds.

Je me remet, doucement. Je ne peux même plus utiliser mon pouvoir pour le moment, et c'est à peine si j'arrive à marcher. Cet incendie, cela marque un nouveau tournant, dans ma vie, je pense. Matérialisé par cette brûlure, qui s'étend sur une dizaine de centimètres, sur mon avant-bras droit. Là où le feu a tenté de me dévorer. Et là où le monde avait échoué, et, où pour une fois j'avais vaincu.







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MessageSujet: Re: Ce ne sont que des mots, après tout. Dim 28 Oct - 10:35






Tome 2



« Chapitre 1 ;»
Juillet 2010


C'est tellement le bordel, en ce moment, que je sais même pas par quoi commencer.

En soit, je dirais qu'au final, ma vie c'est arrangé. C'est paradoxale, je sais. Mais partir de rien peut parfois s'avérer être bénéfique. Je n'ai plus peur de perdre les choses. Au fond, je pense que j'ai pris un sacré coup de pied au cul, cette année. Un an, ça représente si peu, dans une vie, et pourtant... Cette année-là restera ancrée en moi, à jamais. Ce que j'ai vécu ces derniers mois fait partie de moi. Je ne serais pas ce que je suis aujourd'hui si je n'avais pas subit tout cela.

Le sang que je pensais avoir sur mes mains a disparut. Je n'ai tué personne. Pierre Michel l'a fait. Je n'ai pas fuit de manière lâche Rédemption. J'ai cherché ma place, et je l'ai trouvé. J'ai vécu, pour de vrai.

Et me voilà, à présent.

Je n'ai pas beaucoup de temps pour moi en ce moment, et ce n'est pas plus mal. Rigolez, mais je préfère m'occuper des autres. De la troupe. Des gens que j'aime. J'ai cette putain d'envie d'aider. J'ai passé un an à être une loque, j'ai besoin de me reprendre, pour de bon. Ce n'est pas en déprimant que je parviendrais à vivre mieux.

Je bosse à Birdsall, un travail de merde, mais qui me permet d'approvisionner la troupe, et me sentir utile. Et je me sens bien, à faire cela. Aider.

Mais ce n'est pas tout. J'ai connus d'autres changements.

C'est étrange à dire, mais bon...

J'ai un autre don. Il m'est tombé dessus, comme ça, sans que je comprenne comment.

Je ne le contrôle pas franchement, même si ça fait presque quatre mois maintenant que cela c'est manifesté pour la première fois. J'ai pas compris, la première fois que cela m'est arrivé. C'était quelques jours après l'incendie. Je me suis retrouvé dans un autre lieu, mais pas comme la téléportation. J'ai vu une scène, un visage. Sélène ? Elle était là, dans un endroit flou. J'ai ouvert la bouche, pour lui parler, mais rien est sorti. Plus je me suis de nouveau retrouvé là où j'étais. D'après Chris, j'ai pas bouché d'un pouce, je suis resté dressé comme un pique, les yeux dans le vide.

C'était tellement étrange, que pour le coup je me suis dit que cela ne devait être que des hallucinations, dues au choc de l'incendie. Mais ça c'est reproduit, plusieurs fois. Trop de fois, avec trop de précisions pour que cela ne soient que de simples hallucinations. Non, j'avais vraiment développé un nouveau truc, un peu plus chiant que le premier.

Parce que si je maîtrisais totalement ma téléportation, ce don là m'échappait totalement. J'avais des flash de personnes, de ce qu'ils étaient en train de faire ou venaient de faire. Aléatoirement. Des gens de Rédemption, des gens de la troupe, voir de parfaits inconnus, que j'avais peut-être croisé au cours de ma vie... En l'espace de trois jours, j'ai vu tellement de choses défiler sous mes yeux, croyez moi.

Et surtout, quelqu'un de récurrent. Sélène. Putain, pourquoi est-ce que Sélène Utreuil se retrouvait dans des visions ? De ce que j'en voyais, elle était dans un état pas possible. Alors j'ai joué le jeu. J'ai analysé chacune des images qui m'étaient apparues. Elles avaient forcément un sens, un but. J'avais regardé assez de séries et films fantastiques pour savoir cela. Je me suis constitué le lieu où elle se trouvait, dans mon esprit. Et, après quelques tentatives de téléportations ratées, j'ai atterrit à côté d'elle. De son corps pâle comme la mort. J'ai même crus qu'elle était morte, sérieusement. Je me suis penchée, j'ai sentit sa respiration contre la paume de ma main. J'l'ai secouée, doucement. J'ai appelé son nom. Je l'ai fait boire, et grignoter un peu. Je ne voulais plus laisser à la mort d'arracher sous mes yeux des vies. C'était fini, ce temps là.

Alors, je l'ai aidé. Je crois que, dans le fond, elle aussi, m'a aidé. C'est con à dire, mais Sélène fait partie de ses personnes qui font que j'arrive finalement à garder une sorte d'équilibre. Équilibre psychologique, équilibre de vie. Elle, qui vivait cachée dans ce manoir avec ses remords et sa crainte, je la fais survivre, et, peut-être un jour, vivre. J'aimerais vraiment pouvoir lui dire un jour avec la plus grande des sincérités que « tout ira bien ». J'aimerais tellement.








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