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« Je ne te mens pas. Je t'offre ce que tu aimerais être la vérité. » Edmund.

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avatar✉ Messages : 27
✉ Fiche : Ici ~
✉ Ft : Jackson Rathbone
✉ Classe et/ou emploi : Agent Killers of Shadow ~ Vendeur au Mad Joke
✉ RP(s) en cours : 0 / 1
✉ Âge : 25 ans, physiquement, environ... 147 ans réellement.
✉ Pouvoir(s) : Mort instantanée •> Son coeur cesse de battre, et son corps de fonctionner, mais reste conservé. Pouvoir détraqué, mort qui survient quelques instants, et à n'importe quel moment sans qu'il ne le contrôle.
Masculin

~ Qui es-tu ?
Relations ::
MessageSujet: « Je ne te mens pas. Je t'offre ce que tu aimerais être la vérité. » Edmund. Dim 1 Avr - 11:06





Edmund Luke Clays


feat. Jackson Rathbone


Remember when they said that what we want can never be done ?

❝ Le mensonge existe seulement grâce aux naïfs qui y croient. ❞
    ✉️ Prénom(s) : Edmund Luke
    ✉️ Nom : Clays
    ✉️ Âge : 25 ans physiquement et officiellement, 147 ans réellement et officieusement.
    ✉️ Signe astrologique : Lion.
    ✉️ Groupe désiré : Killers.
    ✉️ Emploi/Classe : Vendeur au Mad Joke, Agent Killers.


    ✉️ Pouvoir : Mort instantanée.
    ✉️ Caractéristiques : Edmund peut provoquer sa propre mort par crise cardiaque, en quelques sortes. Son coeur s'arrête soudainement de battre, enfonçant son corps et son esprit dans une sorte de coma, pendant lequel sa croissance est totalement stoppée.
    ✉️ Faiblesse : Il ne contrôle plus son pouvoir, et son coeur s'arrête de battre régulièrement, de quelques secondes à de longues minutes. Il ne contrôle pas non plus son réveil.
    ✉️ Force : Son corps est totalement figé pendant qu'il meurt. C'est à dire qu'il est impossible de tenter de le tuer par exemple. Il devient une sorte de corps frigide, invulnérable aux coups, aux balles et au poignards par exemple, et autres attaques liés à divers pouvoirs... En gros, quand il "meurt", il est totalement intouchable.

When it all comes falling down....




    ✉️ Description physique :
    ‣ Edmund n'est pas vraiment beau garçon. Il est sec, n'a pas un corps très musclé. Un peu trop maigre, ses côtes ressortent légèrement lorsqu'il se penche. Il a des mains aux doigts trop longs, et déformés, par le vol, selon son aïeul.
    ‣ Son nez se fronce de manière disgracieuse quand il laisse échapper un éclat de rire. Il possède des genoux calleux. Sa mâchoire est un peu trop carrée, et souvent masquée par une barbe de trois jours.
    ‣ Edmund n'est pas très soigneux de lui même. Il a très souvent les cheveux sales, mal coiffés, retombant en boucles vagues sur les côtés de son visage, et parfois sur son front. Ses cheveux ont d'ailleurs parfois du mal à masquer ses oreilles quelques peu décollées...
    ‣ Mais il possède quand même son charme. Sinon, comment aurait-il put charmer tant de personnes ? Son atout ? Ses yeux. Ah, ces deux prunelles d'une couleur incertaine entre le vert et le gris... Elles expriment tellement. Elles font le mensonge, elles jouent avec la réalité. Son regard est profond, bien souvent teinté de folie, cependant. Après tout ce que ces yeux ont perçus, les évènements se sont encrés, et il garde la trace indélébile de sa vie farouche dans ses iris.
    ‣ Et puis il y a son sourire. Son sourire avenant, qui le rajeunit considérablement et le rend enfantin. Ses lèvres légèrement roses naturellement s’entrouvrent bien souvent dans une expression de joie, ou une moue ironique, un sourire charmeur, une esquisse triste et cherchant la pitié, un rire nerveux, une pique mesquine et moqueuse... Tout dépend son humeur et le rôle qu'il arbore. Tout cela est tellement changé.
    ‣ Enfin, sa démarche. Lorsqu'il marche, il donne une impression de maladresse. Ses pas ne sont ni droits, ni réguliers. Comme si il était perpétuellement sous l'emprise de l'alcool. Et pourtant, lorsqu'il court, tout cela se volatilise. Il est incroyablement rapide. Ses pas deviennent moins lourds, et fouettent le sol avec agilité. Il devient gracieux, chose difficile à croire lorsqu'on le rencontre pourtant. Il a cependant une mauvaise endurance, et ses moments de courses sont bien souvent courts... Personne n'est parfait.


    ✉️ Description mentale :
    ‣ Tu es étrange. T'as un esprit tellement tordu que même si on te connais, on ne peut même pas soupçonner ne serait-ce que la moitié de ce qu'il se passe dans ta tête. T'as ce sourire, sur ton visage, et on devine que tu prépares quelque chose, et c'est terriblement intriguant.
    ‣ Tu arrives à manipuler tous ces gens. Tu caches tellement bien tout que jouer la comédie, c'est facile, pour toi. T'es n'importe qui, à n'importe quel moment. Et t'es tellement convaincant dans ton rôle que même les plus sceptiques gobent tous tes mensonges...
    ‣ Ah, fou, oui aussi. Des fois, t'as un comportement étrange. Je me demande si t'es bien stable dans ta tête, toi, tu sais ? T'as tes manies, quelques tics. Comme celle de te jouer avec tes doigts dès que tu es nerveux. Quand tu fronce le nez quand tu rigoles. C'est pas très beau d'ailleurs. Et tu rigoles très souvent, en plus. On dirait que c'est un automatisme, d'ailleurs. Même quand c'est pas drôle. Ton rire est toujours là. Discret ou non.
    ‣ Mais t'es quand même assez lunatique. Quand un rien te contrarie tu peux facilement devenir exécrable, voire violent. Tu te souviens la fois où tu as cassé le nez à un type dans la rue, car il avait mal parlé à Mademoiselle Sanders, la prostitué d'à côté ? Là, paf, ça te concernait pas, mais t'es devenu comme fou. C'était même carrément effrayant, car l'instant d'après, tu ricanais comme un gosse.
    ‣ T'es amusant, aussi. T'as de la répartie, la petite réplique amusante. Un peu têtu, à vouloir le dernier mot, mais tu le fais toujours avec humour. Les gens t'apprécie pour cela, car tu sais les faire rire, volontairement ou non. Que ce soit tes piques, ou bien ton sourire et ta démarche, tu fais penser à un clown, et c'est encore pire quand t'as un coup dans le nez, ahah !

    ✉️ Signe particulier : Quelques tatouages sur les épaules, et de nombreuses cicatrices sur tout le corps, dont une très fine qui traverse son torse.

We'll do what we want to...


    ✉️ Histoire :

    Londres, Septembre 1879.

    Il la fixait dans les yeux. Ses prunelles étaient larmoyantes, sa moue encore entre l'enfance et l'âge adulte était teintée d'une expression de désespoir. La femme soupira, et s'arrêta face à lui. Ses petits yeux, enfoncés dans son visage gras, l'observaient avec compassion tandis qu'elle glissa dans la main du jeune adolescent assis au sol quelques pièces, dans un joyeux tintement. Puis, elle fit demi tour, son mari à son bras. Edmund se releva, un fin sourire glissé sur ses lèvres gercées. Il s'avança doucement vers la femme, et se plaça devant elle, pour lui adresser une petite révérence.

    « Merci pour votre générosité, chère madame. »

    Cette dernière lui sourit d'un air attendrie, avant de s'éloigner. Elle n'avait rien vu de la manœuvre habile d'Ed. L'adolescent s'éloigna en rigolant en silence, glissant dans sa poche la petite bourse d'où venaient les piécettes offertes quelques minutes auparavant.

    • • •


    Il laissa tomber la bourse de cuire sur la vieille table de bois, un immense sourire collé aux lèvres. Le vieil homme assis en face de cette dernière sursauta à ce petit bruit métallique. Il plia son journal, et observa son petit-fils d'un regard sévère. Sa descendance se réduisait à ce jour à ses deux petits-fils. Et il avait fallut que l'un des deux soit un voleur.

    « Allons bon, Edmund, quand cesseras-tu tes petits jeux ? »

    Les mains dans les poches, le jeune homme lâcha un petit rire amusé, et haussa les épaules.

    « Hé, le vieux, tu me reproches toujours mes vols, mais, sans ces derniers, comment pourrait-on survivre, hein ? Allez, prends cette bourse, s'il-te-plaît. »

    Le vieil homme grogna. Il récupéra en effet la bourse, et fit un signe au jeune homme de s’éclipser. Ce qu'il fit en continuant de rire. S'arrêter de voler ? S'arrêter de mentir ? Quel sens aurait donc sa vie, dans ce cas ? Pitoyable. Les personnes âgées ne connaissaient donc rien à la manière de survivre dans une ville aussi cruelle que celle de Londres. Ce n'était plus la compagne où leur famille avait grandit, et disparut, ici. C'était la ville. La loi du plus fort... ou du plus malin.

    • • •


    Août 1884 ;


    Il grimpa sur la scène de fortune, en bois. Les passants ne lui accordaient pas un regard. Ils avaient l'habitude de voir ce genre de scénettes, accueillant charlatans, et autres artistes déchus. Ce mouvement était d'ailleurs en train de s'essouffler. Mais Edmund n'était pas du genre à se laisser abattre par ce genre de détail. Il avait sa technique. Il resta debout, planté, une cape usée rapportée sur son visage. De là, il détaillait les Londoniens qui passaient devant son étale en bois. Quelques curieux commençaient seulement à s'intéresser à sa silhouette. Il se retint de sourire, pour ne pas gâcher son jeu. Il cherchait la bonne personne.

    C'est alors qu'il l'aperçue. Cette femme. Les femmes étaient les victimes les plus parfaites. Elle, surtout. Chétive, l'âge incertain, encore jeune, mais pénétrant doucement dans la vie d'adulte. Un visage étrange, perdu, mais les yeux pétillants d'une certaine naïveté. Vêtue d'une longue robe noire, qui semblait d'une de ses matières onéreuses. Elle ne ressemblait en rien aux vieilles et tristes prostitués qui vivaient dans son quartier. C'était une de ses bourgeoises naïve à la bourse bien remplie, venue se promener avec son minois rêveur au marché. Elle le fixait. Il retira sa capuche. Toussota, avant de la montrer du doigt d'un air théâtrale.

    « Vous, jeune créature ! Je sens en vous une force intéressante, et surnaturelle. Venez, n'ayez crainte. Venez, vous dis-je. »

    Sa voix était forte. Quelques passants s'installaient face à la scène. La jeune fille hésita, puis traversa la foule pour le rejoindre. Il lui tendit la main, la hissa près de lui. Il garda ses mains pâles et tièdes entre les siennes, fermant les yeux. Son spectacle ne faisait que commencer. De sa voix grave et sérieuse, il commença son numéro :

    « Voilà chose intéressante, jeune fille. Je perçois d'étranges vibrations autours de vous. »

    Il sentit l'inconnue frissonner entre ses doigts. Son jeu marchait, à la perfection. Il fronça les sourcils, caressant doucement sa peau. Il ouvrit les yeux, brutalement, faisant sursauter la pauvre créature qui le fixait. Il la lâcha doucement, et prit une expression intriguée.

    « Oh, chère demoiselle, je sens un esprit malveillant, près de vous. Ne le sentez donc pas vous aussi ? »

    Perdant ses couleurs, la jeune femme hocha la tête affirmativement. Elle le sentait, oui. Naïve petite chose. Il s'écarta, retira sa cape, pour la glisser sur les épaules de la jeune inconsciente, la poussant sur le siège branlant placé sur la scène.

    « Allons, mesdames et messieurs, sous vos yeux ébahis, moi même, maître Granders, vais effectuer un exorciste de ce jeune être. »

    Il s'approcha de la jeune femme. Cette dernière, paralysée, se laissa faire lorsqu'il la détroussa de son sac, qu'il jeta un peu plus loin, il délogea également son adorable chaîne dorée, annonçant à voix hautes que tout objet superflu risquait de gêner son acte. Il se mit à genoux devant elle, plaçant ses mains sur ses épaules. Il fit mine de se concentrer, baissant la tête, fermant les yeux. Il émit un léger sifflement. C'était le signal. Quelques instants plus tard, la scène se mit à trembler, doucement. Puis progressivement, de plus en plus fort. James était toujours aussi appliqué dans les effets spéciaux.

    La jeune femme se mit à crier, de peur, et Edmund plaça sa main sur sa bouche, commençant à déblatérer des paroles insensée, telles des prières. Il les prononçait de plus en plus fort, comme en transe. Il avait à présent un bon public. Il ne fallait pas le décevoir n'est-ce pas ?

    Au bout de quelques instants, les tremblements cessèrent, et Edmund s'arrêta de réciter ses paroles, faisant mine d'être épuisé. Il rattrapa la jeune femme qui venait de s'évanouir. Décidément, la psychologie humaine était fascinante. Une simple comédie pouvait aller jusqu'à rendre inconsciente une personne. Bon, d'accord, il y avait également le placement stratégique, là où la lumière du soleil perçait et chauffait considérablement cette partie de la scène, en ce début d'après-midi tiède.

    Il réveilla doucement la jeune femme, et la fit descendre rapidement de la scène, encore chancelante. Il se plaça sur le devant, fit une révérence, tandis que quelques badauds lui glissaient de l'argent pour sa performance. Il les remerciait d'un air solennel, avant de récupérer le sac, et de s’éclipser.

    • • •


    « Hé, le vieux, nous sommes de retour ! »

    Ils rentrèrent dans leur appartement délabré. D'un geste négligé, Edmund jeta sur la table en bois leur butin du jour.

    « James, va voir ce que fait le vieux, il doit être encore au lit. »

    L'adolescent hocha la tête, et exécuta l'ordre de son frère et acolyte. Il grimpa les escaliers brlanats quatre à quatre tandis que son ainé comptait les sous amassés dans la journée.

    Quelques minutes plus tard, le jeune brun redescendit, penaud.

    « Ed... On a un problème je crois... Le vieux est mort. »

    Edmund releva la tête, haussant un sourcil. Quoi ? Il se leva, et accourut dans la chambre. L'odeur de la poussière et du vieux livre régnait dans la petite salle. Il s'approcha du lit, ou le vieil homme gisait, les yeux vides, et la bouche ouverte dans un dernier soupir. Edmund s'approcha, plaqua inutilement ses doigts sur son poignet, ne percevant bel et bien pas de pouls. Il soupira, fermant les yeux de son grand père.

    • • •


    Juin 1886.


    Les rues semblaient être plus longues ce soir là. Les rayons de la lune étaient les seules lumières. Il avait mal aux jambes, sa respiration se faisait difficile, mais il ne devait pas céder à la fatigue. Derrière lui, il entendait encore les pas rapides et terriblement proches de ses poursuivants. Il tourna ans une rue, se plaquant contre le mur, priant pour qu'ils perdent sa trace en continuant tout droit. Qu'est-ce qu'il lui avait pris ? Il s'était fait prendre à son propre jeu. Par ce groupe de voleurs vicieux. Et il était fait, à présent. Si ils le trouvaient... Il était cuit. Mais il ne pouvait pas mourir maintenant. Non, il ne pouvait pas laisser James tout seul...

    Les pas s'arrêtèrent à quelques mètres de lui. Ils l'avaient trouvé. Il distinguait en effet des silhouettes sombres s'approcher de lui doucement. Des rires malsains résonner dans la ruelle. Il se releva, et tenta de s'échapper. Mais l'idiot, il était dans un cul-de-sac. Il jura entre ses dents, tentant d'escalader ce tas de déchets nauséabonds. Mais il glissa, tandis que ses agresseurs n'étaient plus qu'à un mètre de lui.

    Son cœur battait tellement rapidement qu'il avait l'impression qu'il allait lâcher. Il allait mourir, hein ? Il voyait l'éclat de leurs lames. L'éclat de leurs regards meurtriers. L'un s'approcha de lui, son corps tremblant. Il éleva sa lame fine, et vint la faire glisser doucement et sadiquement sur le torse du jeune homme. Edmund grimaça. Son cœur se serra brutalement, dans une douleur lancinante, qui lui fit pousser un gémissement, qui s'étouffa dans la nuit.

    Edmund venait de mourir. Les hommes s'approchèrent de lui, intrigué. Son corps était raide, ses yeux ouverts dans une expression horrifiée. Un d'eux donna un coup de pied dans le corps sans vie. Un autre se pencha sur lui et chercha vainement son pouls.

    « Il est mort... Mort de peur, ah, quel idiot. »

    L'homme ricana, crachant sur le corps inerte du jeune homme, avant de le laisser trôner là, faisant signe à ses acolytes de le suivre.

    Quelques heures plus tard, il sentit quelque chose le chatouiller. Le jeune brun se releva en sursaut, délogeant ainsi le rat qui tentait vainement de grattouiller la longue coupure qui se dessinait sur son torse. Il toussa, reprenant sa respiration et ses couleurs. Il poussa un petit cri de surprise, en saisissant l'animal répugnant par la queue, pour le jeter loin de lui. Il jura entre ses lèvres en se relevant totalement, les jambes chancelantes. Qu'est-ce qui s'était passé au juste ? C'était la chose la plus étrange qu'il avait jamais vécu...

    Janvier 1887


    Il courrait sous la pluie. Derrière lui, un groupe de policiers s'agitait. Il tourna à une ruelle, lança son butin à James, parqué là, qui le dissimula à ses pieds, tandis que son aîné continuait sa cavale. La nuit tombait doucement, et sentant la situation tourner à son désavantage, il se mit à ralentir, un sourire collé au lèvre. Il poussa un gémissement, plaquant sa main sur son cœur, et s'écroula théâtralement au sol. Il avait prit l'habitude de jouer avec son étrange faculté, se laissant mourir pour quelques minutes, et échapper aux situations disgracieuses.

    Et deux heures plus tard, il s'échappait de la morgue du commissariat de Londres. Un sourire collé au lèvre, il récupéra ses affaires, et avant que le légiste ne revienne, il était déjà sorti, s'éclipsant et s'enfouissant dans la nuit londonienne.

    • • •

    « James, je suis de retour. T'as compté combien on a gagné ? »

    Il referma la porte derrière lui. Personne ne lui avait répondu. Son cadet avait déjà dût aller se coucher. Il sourit, se défaisant de ses affaires trempées, et s'aventura dans la demeure presque aussi humide que ses cheveux dégoulinants. Il se dirigea vers la chambre qu'ils partageaient, et constata que le lit était encore fait, et son frère, nul part. Il poussa un juron. Il récupéra sa veste usée, et redescendit. Où est-ce que ce crétin avait bien put aller ? Enfin, il ne s'était pas perdu quand même ? Ils connaissaient les rues comme leurs poches, tous les deux. C'était la première fois depuis qu'ils travaillaient ainsi que cela ne se passait pas comme prévu.

    Les pas rapides, la mine inquiète, torturé par un mauvais pressentiment, il tourna dans la ruelle où il l'attendait tout à l'heure. C'est ici qu'il trouva leur sac de toile gris, vide. Trempé. Mais aussi tâché. D'un rouge brun. Il lâcha le sac, et un juron. Il s'élança dans la rue, le cœur battant. Il glissa dans une flaque, s'écorcha la main, mais se releva aussitôt en ignorant la douleur lancinante qui déchirait sa peau. Essoufflé, il parvint au bout de la rue.

    C'est à ce moment qu'il perçut des cris. Il jura, reprit sa course effréné. Ces cris étaient masculin, et il était sûr d'avoir reconnu la voix éraillée de James. Il eut juste le temps d'apercevoir des silhouettes robustes tirer une, plus fine. Il accéléra, ne sentant presque plus ses jambes. L'adrénaline lui donnait ses dernières forces. La pluie recommença à tomber en une averse drue, et il manqua de perdre la trace à plusieurs reprises de ce groupe de monstres qui tenaient son frère.

    Ces derniers s'arrêtèrent finalement. Il les vit frapper encore une fois le corps épuisé de son cadet. Il fonça sur eux avec détermination. Quand ils remarquèrent enfin sa présence, il sauta sur l'un d'eux, l'assénant de coups. Lorsqu'il bloqua son visage pour lui asséner un coup de poing, il le reconnut. Ils les reconnut. Le groupe de brigands avec qui il avait déjà eut une altercation. Il poussa un gris de colère, tandis que déjà quelqu'un l'attrapait par les épaules pour le rejeter contre le sol trempé, le plaquant contre ce dernier avec force.

    « Toi ! Pourquoi tu n'es pas mort ?! »

    Il tenta de se dégager, mais reçu un coup de pied brutal dans le ventre qui le força à se plier en deux. Il essaya de se redresser, entendant son frère se débattre lui aussi. Et il vit ce même éclat de lame qu'il y avait quelques mois. Ce même, qui vint se loger dans le torse de James. Il poussa un hurlement, très vite étouffé par une main sale sur son visage. Le corps torturé de son cadet fut poussé, et un bruit d'eau retentit dans la noirceur de la nuit, atténué par la pluie. La Tamise venait d'avaler le semblant de famille qu'il lui restait. Et il en était le premier responsable. Pourquoi est-ce qu'il avait mêlé son petit frère dans ses magouilles au juste ?! C'était de sa faute.

    Et il en payait le prix, par les coups qui pleuvaient sur lui. Il se mordit la langue, pour ne pas crier. Voilà, dans quelques minutes, ce serait finit, n'est-ce pas ? Il n'aurait pas à simuler sa mort, cette fois-ci. Les coups s'arrêtèrent. Il sentait le goût du sang dans sa bouche. Tout son corps le brûlait d'un feu ravageur. Il était laissé pour mort. Alors il ferma les yeux et sombra dans l'inconscience.

    • • •


    Il se sentit soulevé. Secoué. Il n'ouvrit pas les yeux pour autant. Il n'en avait pas la force. Pourquoi est-ce qu'il arrivait toujours à se sortir de ses sales plans, et pas les autres ? Pourquoi n'était pas lui qui payait le prix de ses propres erreurs ? Il entendit des voix autours de lui. Il sentit qu'on le déshabillait, qu'on touchait à ses plaies. Cela piquait, mais il ne grimaça pas. Ils auraient dut le laisser agoniser là-bas. Il n'était qu'une épave. Il grogna. La personne s'arrêta de le toucher, pensant certainement que c'était à cause d'elle. Mais non. Il grognait contre lui même. Il s'exaspérait.

    • • •


    Mars 1887.


    Il lui avait fallut le temps de se remettre des événements, et de ses blessures. Ces coups avaient provoqué de nombreux hématomes, et une fracture du poignet gauche. Ses agresseurs n'y étaient pas allés doucement, mais semblaient avoir délaissé leur travail avant de l'avoir achevé. Ne jamais sous-estimer Edmund, hein. Ce qui ne vous tue pas vous rend plus fort, n'est-ce pas ? Non. Ce qui ne vous tue pas, vous rend plus... Fou.

    • • •


    « Madame, oh, madame, je peux soigner vos maux. Suivez moi, et écoutez ma voix. Venez, dans mon humble cabinet, vos douleurs crâniennes ne seront que mauvais souvenirs. »

    Mens donc, petit être malfaisant. Manipule les pauvres naïfs qui croient encore à tes belles paroles.

    « Ah, je me présente, mon bon monsieur, Sir Victoire, avocat de profession. Confiez moi donc votre affaire. »

    « Oh, belle jeune fille. Laissez moi immortaliser votre doux portrait, soyez modèle de mes peintures, que je puisse me languir devant votre belle image ! »

    Trompe les gens. Utilise les. Donne leur de l'espoir. Soit celui qu'ils veulent que tu sois. Pour obtenir ce que tu veux toi.

    « C'est à ce moment que j'ai commencé à perdre la tête. Au moment où les mensonges se faisaient plus aisés que la réalité. Au moment où je pus savourer des sourires, des rires et du plaisir sur les visages, avant de les voir prendre une teinte agacée, énervée, déçue, triste. Vous, humains, m'avez déçu. Moi même, je me suis déçu. Alors, égoïstement, je veux que vous le soyez aussi. Je désire vous montrer le prix douloureux de la désillusion. Ce prix, qui fait mal. »

    • • •


    31 Août 1888.


    Il marchait lentement. Il faisait frais, cette nuit là. Il venait juste de quitter la chambre d'une de ses amantes. Une de ces gentilles jeunes demoiselles manipulées, à qui il volait aisément, et qu'il comptait abandonner théâtralement sous peu.

    L'air sentait l'humidité, comme si la pluie n'allait pas tarder à se déverser sur la ville. Les nuages étaient en effets lourds et sombres, masquant la lune et son éclat froid. Il resserra contre lui son grand manteau, sentant le vent se lever dans cette nuit pourtant d'été.

    Il fit ses pas un peu plus pressants, à mesure qu'il traversait Whitechapel. Il avait ce foutu mauvais pressentiment inexplicable, depuis qu'il avait quitté les rues principales de Londres. Il lui semblait que l'air était de plus en plus frais. Il n'était pas du genre peureux pourtant. Mais le vent résonnait de manière étrangement lugubre, et la nuit sombre semblait vouloir l'avaler. Il grimaça, essayant d'atteindre son appartement le plus vite possible. Il avait toujours vécu dans ce quartier, mais ce soir, il semblait plus redoutable encore que d'habitude.

    Soudain, une odeur âcre et forte vint lui piquer les narines. Une odeur de sang, et de transpiration, mêlée à l'humidité de l'air. Il grimaça, portant son écharpe sombre sur son nez. Qu'est-ce qui se tramait, bon sang ? Il avança de plus en plus vite, et malheureusement pour lui, l'odeur devint plus intense lorsqu'il tourna à Buck's Row. Un bruit attira son attention. Un bruit humide, quelque peu sourd. Il tourna la tête. Et c'est là qu'il aperçut une silhouette sombre, penchée sur un corps. Un corps mutilé. De prostituée. Malgré la pénombre, il distingua l'éclat rougeoyant du sang stagnant au sol. Il plaqua sa main sur sa bouche, pour étouffer le glapissement qui lui avait échappé.

    Mais c'était trop tard. Déjà, le meurtrier avait relevé son visage vers lui, et se levait d'un air menaçant. Mauvais endroit, mauvais moment. Il dut contrer sa paralysie qui le prenait, pour plutôt prendre ses jambes à son cou.

    Cours, cours. Cela se termine toujours comme cela n'est-ce pas ? Tu fuis toujours Edmund. Les rues de Londres veulent toujours t'avaler, alors toi tu fuis. Les rues de Londres ont avalé ta famille, déjà, alors pourquoi pas toi ? Tu choisis toujours la voie de la facilité, tu n'es pas très courageux. Le grand méchant loup est derrière toi, il arrive. Encore une fois tu sens ta fin arriver. Ce n'est pas très original. Tu les attires, n'est-ce pas ? Une personne de plus qui veut ta mort. A force de jouer avec les gens, de jouer avec ta vie, tu en paies le prix. Le prix fort. Meurs.


    Il s'écroula au sol. L'homme était derrière lui. Il posa sa main ensanglanté sur son épaule, qui s'échappa, pour percuter le sol. Les fils du pantin étaient tombés. Avant que le tueur n'ait le temps d'effacer son témoignage, le cœur avait lâché. La dernière chose que distingua Edmund fut le visage du monstre, éclairé spontanément par la lune qui avait cessé de se cacher derrière les nuages.

    • • •


    Le soir où une légende Londonienne naissait, personne ne se soucia de la crise cardiaque d'un pauvre jeune homme à quelques rues de là. Malgré le sang sur son épaule, personne ne se soucia d'Edmund Luke Clays. Il n'avait pas de famille. Personne pour le regretter, ou pleurer sa mort. Personne.

    Il fut enterré discrètement, dans un de ces pauvres cimetières de Londres, reculés.

    • • •

    Mais il ouvrit les yeux. Combien de temps encore il allait jouer à cela ? Il soupira. Présumant qu'il était encore dans une de ses caisses froides d'une quelconque morgue, il chercha le moyen de sortir. Ses doigts heurtèrent un bois rugueux. Il grogna, cogna la face rigide qui lui faisait face. Il faisait noir, et il commençait à étouffer. Il gratta, essaya naïvement de soulever ce couvercle.

    Cependant, il semblait que quelque chose bloquait son ouverture. Quelque chose comme... De la terre. Il était pris à son propre piège. Il était mort, aux yeux de tous. Il soupira, ferma les yeux. Alors c'était comme cela...

    • • •


    Décembre 2009.

    « Comment ce type pourrait-il être encore en vie ? On creuse pour rien, j'en suis sûr.
    - Tais-toi et continue imbécile, si il le dit, c'est que c'est vrai. Après tout ce qu'on a vu tu doutes encore des trucs tordus qui nous arrivent ?
    - Ouais, t'as pas tord... Mais aide moi un peu au moins.
    »

    Cela avait commencé avec des voix lointaines, et des espèces de tapements sourds. De plus en plus rapprochés. Les yeux du morts se rouvrirent lentement. Le sang s'agita dans ses veines, reprit possession de son corps froid. Au bout de quelques minutes sans qu'il ne bougea, le bois craqua. La lumière emplit le cercueil plongé dans la pénombre depuis plus d'un siècle.

    Edmund plissa les yeux, portant sa main sur son visage pour se protéger de la lumière soudaine. Deux ombres se penchèrent sur lui, le fixant. Il se redressa, et une main se tendit devant lui. Il ne réfléchit pas et l'accepta, se faisant hisser hors de son lit de mort. Il s'écroula sur l'herbe, toussant violemment.

    « Edmund... Edmund Clays ? »

    Le jeune homme hocha la tête. Une fois sa respiration retrouvée, et sa vision habituée à la lumière du jour, il observa les deux étranges personnages qui le fixaient, intrigués.

    « Oui ? »

    La femme, la plus jeune des deux, qui avait posé la première question, s'approcha de lui, hésitante. Elle toussota, et Edmund détailla ses étranges vêtements. Des matières qu'il ne connaissait pas, un accoutrement qui lui semblait venir d'un autre monde.

    « Je... Nous sommes ici pour vous engager à notre cause. »

    Il la fixa en haussant un sourcil, sans comprendre. Où est-ce qu'il avait atterrit ? Il regarda autours de lui. Le cimetière était délabrés, les tombes tordues par la pluie qui avait ravagé la terre. Il se tourna vers celle qu'il devina la sienne. Elle semblait vieille, et les inscriptions à peine lisibles. Il resta silencieux, tandis que les deux inconnus l'aidèrent à se relever et le firent sortir d'ici sans un mot de plus. Les explications viendraient plus tard.

    • • •


    Janvier 2010.


    Il escalada habilement le grillage. Telle une ombre dans la nuit, il se glissa dans la cour de l'étrange établissement. Une première visite non-officielle de ces lieux aux étudiants qu'il devait surveiller de loin. Il s'approcha du bâtiment, en fit un tour discret. Il lui sembla percevoir du mouvement, non loin, mais l'ignora facilement. Il remarqua finalement une fenêtre mal fermée, à l'ouverture visiblement abîmée. Il appuya ses deux mains sur le rebord, se hissa dessus. Il poussa la fenêtre, qui mit quelques instants à céder dans un grincement.

    Il se glissa à l'intérieure de la salle de classe vide, s'étonnant de ce matériel étrange dont elle était dotée. Puis, il fit tourner le verrou de la porte, doucement, et pénétra sur la pointe des pieds dans les couloirs éteints.

    Il explora les lieu. Des salles de classes alignées, diverses affiches accrochées sur les murs. Il glissa ses doigts sur ses dernières. Il n'était pas habitué à ce monde. Cette époque loin de la sienne. Il soupira, continuant son exploration solitaire.

    Solitaire ? Non. Il perçut du mouvement dans son dos. Il se retourna, pour percevoir une ombre discrète dans la pénombre. Il fronça les sourcils et pencha la tête, s'approchant doucement de l'inconnu. N'importe qui de sensé aurait fait discrètement demi-tour, mais Edmund n'était décidément pas quelqu'un de sensé.

    Il s'arrêta face à un jeune homme, aux cheveux sombres et lui retombant sur le front. Ses prunelles claires le fixait, en silence. Le visage d'Edmund s'illumina.

    « Bonsoir, jeune garçon. Vous ressemblez fortement à mon jeune frère. »

    Jeune frère...

    « James, c'était son prénom. Puis-je t’appeler comme cela ? »

    Il fut accueillit par un silence froid. Cela le fit sourire. L'adolescent ne semblait pas décider à bouger, ni à prononcer le moindre mot. Le jeune adulte hocha la tête avec le sourire.

    « Tu n'es guère loquace, James. »

    Il sourit, en faisant demi-tour. Il haussa les épaules, face à ce nouveau silence.

    « Je reviendrais souvent ici à... Mince, comment cela s'appelle ici déjà ? Rédemption... Voilà. Ici. Ou si tu désires venir me croiser en ville, je serais heureux de t’accueillir au magasin d'accessoires loufoques où je travaille, mon cher James... »

    Il lui fit un signe de la main, avant de s’éclipser doucement dans la pénombre de l'établissement scolaire. Les pas silencieux, légers. Il reviendrait ici, oui. Il s'amuserait dans ces couloirs. Avec ses êtres étranges, dans ce monde nouveau. Rédemption serait son nouveau terrain de jeu, comme le furent les rues de Londres.

    Il se glissa dehors, tandis que le vent frais fouetta son visage. Il courut en silence, le sourire collé aux lèvres. Il leva la tête vers la lune pleine ce soir là. Dans cette vie là, il ne pouvait plus fuir. Après tant d'années passées dans ce sommeil « éternel », il n'était plus capable d'utiliser son don. Cela semblait s'être envolé... Il devait cesser d'être lâche, à présent.


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Dernière édition par Edmund L. Clays le Lun 9 Avr - 20:56, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: « Je ne te mens pas. Je t'offre ce que tu aimerais être la vérité. » Edmund. Lun 2 Avr - 19:04

Bon alors là.........
Franchement...
Tu m'impressionnes toujours autant. xD
Bon, validée, parce que je sais même plus quoi dire, je veux pas te vanter ! /pan/
Tu connais la chanson ! Métiers, logement, etc ~

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MessageSujet: Re: « Je ne te mens pas. Je t'offre ce que tu aimerais être la vérité. » Edmund. Lun 2 Avr - 19:11

Yay yay yay merci *3*
Je connais le chemin 8D <3

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MessageSujet: Re: « Je ne te mens pas. Je t'offre ce que tu aimerais être la vérité. » Edmund.

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« Je ne te mens pas. Je t'offre ce que tu aimerais être la vérité. » Edmund.

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