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S. Rush | Here, it's clear that I'm not getting better ♪

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Sacha Rush
avatar✉ Messages : 371
✉ Fiche : Here, it's clear, that I'm not getting better.
✉ Classe et/ou emploi : Première / Alternance
✉ RP(s) en cours : 0/1
✉ Âge : 18 ans.
✉ Pouvoir(s) : Compréhension animale, et mutation animale ( Limité aux mammifères, pouvoir "détraqué", sa forme animale ( principalement loup ou chien ) est au final presque sa forme la plus présente. )
Masculin

~ Qui es-tu ?
Relations ::
MessageSujet: S. Rush | Here, it's clear that I'm not getting better ♪ Sam 20 Aoû - 12:05





Sacha Rush


feat. Christofer Drew Ingle


I used to be a good person...

❝ L'Homme est un loup pour l'Homme ❞
    ✉ Prénom(s) : Sacha
    ✉ Nom : Rush
    ✉ Âge : 18 ans
    ✉ Signe astrologique : Gémeaux
    ✉ Groupe désiré : Pensionnaires
    ✉ Emploi/Classe : Première, alternance


    ✉ Pouvoir : Compréhension et mutation animale.
    ✉ Caractéristiques : Comprend la faune environnante, peut communiquer avec elle par une sorte de télépathie. Peut se transformer en n'importe quel mammifère, avec comme forme principale celle d'un loup.
    ✉ Faiblesse : La transformation autre qu'en loup ou chat lui demande plus de concentration et de force. Suite à un détraquement de son pouvoir, sa forme animale est devenue dominante, ce qui constitue une faiblesse dans la vie d'un adolescent.
    ✉ Force : Sa forme canine lui offre une force nettement supérieure à celle d'un humain.

And then...




    ✉ Description physique :
    ‣ Sacha a un visage légèrement enfantin. Souvent teinté d'un sourire, même léger. Même si ses joues se sont creusés depuis quelques mois, même si son visage a pâli, il reste cet enfant souriant. Son regard est fatigué, légèrement perdu, mais au fond, on retrouve encore cet esprit innocent qui lui est fidèle.
    ‣ Le corps de Sacha est élancé. Il est mince, frêle. Il n'est pas très grand, et n'est plus qu'une ombre. Une silhouette transparente, une enveloppe charnelle négligée, malade.
    ‣ Sacha est sauvage. Son allure, sa manière de se tenir et d'agir semblent différentes de celles d'un humain normale. Il a dans sa chevelure rebelle son côté animal qui ressort. Tout comme dans son regard, ses réactions. A la fois habile, mais maladroit en société, son manque de confiance en lui-même, et en les autres.
    ‣ Sacha s'habille d'une manière assez particulière. Très variée. Il possède son propre style, très versatile. De manière sombre et négligée, ces derniers temps. Des vêtements souvent grunge, déchirés. Dès que possible, il ne porte pas de chaussures, mal à l'aise dans ces dernières.
    ‣ Son corps est couvert de nombreux tatouages. Chacun d'eux possède sa signification. Il balade ainsi son histoire, ses souvenirs, encrés dans sa peau. Il considère cela comme une appropriation de son corps, cherchant à se trouver.

    ✉ Description mentale :
    ‣ Sacha est fort, psychologiquement. Il ne se laisse que rarement abattre. Il garde tout pour lui, ne laisse pas transparaître ses faiblesses et continu de sourire, pour les autres. C'est cette force qui est aussi sa grande faiblesse. Lorsque vient la goutte de trop, il perd tout contrôle, il perd les pédales.
    ‣ Sacha est immature. Enfantin, il ne comprend pas le monde des adultes. Touché par le syndrome de Peter Pan, pour lui grandir est une chose atroce. C'est trop compliqué, et douloureux.
    ‣ Sacha est trop attaché. Cette attachement qu'il porte à sa famille et ses amis est tellement fort qu'il peut en devenir très douloureux. Il se plie en quatre pour prendre soin d'eux, toujours les faire sourire.
    ‣ Sacha est négligé. Il ne prend plus soin de lui, depuis quelques temps. Il se laisse aller, mange peu. Son apparence devient le cadet de ses soucis.
    ‣ Sacha est sauvage. Mal à l'aise en société, il préfère la nature. Dès qu'il a l'occasion de s'exiler en forêt, il le fait. Il entretient un lien particulier avec les animaux, renforcé par son pouvoir. Il cherche à les défendre, souvent, et est par ailleurs un végétarien engagé.

    ✉ Signe particulier : De nombreux tatouages, et des piercings.

I totally fucked up..


    ✉ Histoire :



    Elle avait les mains qui tremblaient. Il était là, dans ses bras. Ce petit bout de chou, qu'elle avait porté en elle pendant sept mois. Il était sorti plus tôt que prévu. Et surtout, était venu plus tôt que prévu. Elle, c'était encore qu'une gamine, âgée d'à peine dix-sept ans. Elle ne regrettait plus, à présent. Elle le serrait contre elle, pleurant chaudement contre lui. L'infirmière s'était rapprochée d'elle, un sourire attendri collé aux lèvres.

    « Comment est-ce qu'on l'appelle, ce petit bout ? »

    L'adolescente se mit à réfléchir, en silence. Elle avait pensé à des tas de prénoms, le temps de sa grossesse. Elle pensait avoir trouvé au moins dix prénoms parfaits, et pourtant, elle se sentait à présent prise de court. En bredouillant, elle lâcha finalement :

    « Sacha. Il s'appelle Sacha. »

    Voilà, c'était décidé. Avec un sourire radieux malgré la fatigue et les larmes, elle continua de le regarder, comme si il s'agissait là de la chose la plus précieuse du monde. Son Sacha.


    • • • • • •

    « Salut. Je m'appelle Sacha. Et toi, t'es qui ? »

    Le petit garçon brun releva la tête, pour observer avec surprise un de ses camarades dressé devant lui avec un immense sourire. Un sourire sincère, et non pas moqueur. Surpris, Arthur se redressa, serrant maladroitement la petite main qui se tendait vers lui. Le sourire de Sacha ne fit que grandir, à ce geste.

    « Arthur. J'm'appelle Arthur.
    - Cool ! Tu veux jouer avec moi ?
     »

    Arthur hocha la tête, souriant finalement à son tour. C'était la première fois depuis le début de la journée, dans cette nouvelle école, qu'on lui adressait gentiment la parole. Il ne lâcha pas la main de Sacha, et courut avec lui jouer dans un coin de la cour. Si l'on demandait encore à Arthur aujourd'hui quel fut le jour le plus marquant de son enfance, pour sûr qu'il parlerait de cette rentrée là. Il saurait, malgré les années, détailler toute cette journée. Cette après-midi à jouer avec un gamin aux allures atypiques et sauvages, mais au sourire pas croyable, comme si chacune de ses paroles valaient de l'or. Ils respiraient la joie.

    • • •

    A vrai dire, quand il voyait ce gosse, cela lui faisait mal au bide. Ce garçonnet, châtain, souriant. Ce garçonnet qui passait son temps à chantonner, à traîner avec son seul ami, dans ses pattes. Là, il le regardait jouer de la guitare, assis sur son lit, tirant la langue en se concentrant. Dans ce visage rond, il ne voyait rien de lui. Il avait toujours douté de cet enfant. Arrivé dans son couple d'adolescent, il avait essayé de l'aimer, au début. Et puis, il avait toujours eut ce mauvais pressentiment. Est-ce qu'il ne ressemblait pas un peu trop au meilleur ami de lycée de sa femme ? N'était-il pas supposé lui ressembler à lui ?

    En fait, ce gamin lui brisait le cœur.

    « Papa ? Ça va ? »

    Le concerné observa son fils. Du moins, celui qui était censé être le sien. Avec sa moue inquiète. Il sentit un courant singulier parcourir son corps. La colère. La frustration. Il se leva de son fauteuil, un rictus agacé collé au visage. D'un pas tendu, il s'approcha de Sacha, le regard sombre. Il ne le supportait plus. Il pénétra dans la chambre, fixant l'enfant, qui continuait de sourire naïvement, sans sentir la colère de son père. La porte se ferma.


    • • • • • •

    Dès qu'elle le vit, elle sentit son cœur battre plus fort. Il était là. Il était venu. Depuis des semaines. Depuis des semaines qu'elle attendait ce moment avec lui. Un sourire immense se dessina sur son visage tandis qu'elle le regardait traverser le parc les mains dans les poches et le nez en l'air, comme d'habitude. Et voilà que lorsqu'il s'arrêta devant elle, elle se mit à rougir comme une gamine. Triturant la hanse de son sac d'un air nerveux, elle tâcha de lui adresser un sourire. Qu'il lui rendit, comme toujours. Il souriait toujours. D'un sourire tellement adorable que ça lui en faisait presque mal, parfois.

    « Hey Ina, ça va ? T'es un peu rouge ! »

    Il ne disait même pas cela d'un ton moqueur. Il avait cette inquiétude innocente dans le regard. Elle hocha la tête en déglutissant. Il savait déjà ses sentiments. Elle lui avait déjà donné les lettres que Sélène lui avait écrite, à lui. Elle avait parfaitement conscience qu'elle trahissait ainsi la confiance de cette dernière. Mais... Elle s'en moquait. Elle le voulait, lui, Sacha.

    Et elle l'eut. Ce soir même là. Sur ce banc, où elle lui avait donné rendez-vous. Ils avaient un peu parlé, et puis, paf, ça c'était fait. Il l'avait embrassée. C'était doux. Agréable. Elle était tellement contente. Elle était partie le cœur léger, ce soir là. Elle était rentrée, s'était laissée tomber sur son lit, les joues encore rouges. Elle s'était endormie en ayant encore l'impression de sentir son parfum sucré contre elle. Elle sortait avec Sacha. C'était parfait.

    • • •

    Arthur soupira, discrètement. Voir son meilleur ami entre les griffes de cette idiote d'Ina depuis un an déjà était un supplice. Il ne voyait même pas ce qu'il trouvait à cette pauvre fille. Son air naïf, qui semblait copié sur le minois de son meilleur ami lui paraissait atrocement faux. Tout en cette fille lui semblait détestable.

    Peut-être était-ce simplement la jalousie qui lui faisait penser ça. Peut-être que de voir quelqu'un d'autre se réchauffer auprès du rayon de soleil ambulant qu'était Sacha le gênait. Il regarda le couple, marcher main dans la main à quelques mètres devant lui. Cette fille était malsaine, il le sentait d'ici. Il n'était pas quelqu'un de très perspicace, et pourtant il sentait que cette fille n'était pas si innocente et pure qu'elle le prétendait.

    « Arthur ? »

    Il releva le regard, troquant sa grimace agacée par un sourire tendu. Sacha s'était arrêté, et avait même lâché la main de sa brune sans cervelle. Il l'avait même tendu vers son meilleur ami, comme la première fois. C'était stupide de faire ça, à leur âge, mais il s'en moquait. Il avait saisit cette main, et avait entraîné son ami avec lui.

    « Viens, il faut qu'on aille à la répète, on est déjà à la bourre. »

    Et Sacha l'avait suivit, comme toujours, en sautillant presque. La musique comptait plus que tout, pour lui, il le savait. Plus qu'une espèce de grognasse, qui esquissait déjà une moue rageuse en voyant son petit ami s'éloigner avec lui. Bien fait pour toi, ma pauvre fille.


    • • • • • •

    Jason avait toujours admiré son frère aîné. Il sortait du lot. Sacha était pour lui un genre de modèle. Une figure forte, dans la famille. Une figure, la seule qui savait faire face à ce père trop exigent qui régnait sur les nombreux enfants Rush. Du haut de ses treize ans, il savait ce qui se tramait derrière tout cela. Il avait déjà entendu les cris de la dispute, les coups. Il avait déjà aperçu les bleus qui meurtrissaient les bras de son frère. Ce frère, qui malgré les coups durs, gardait cette innocence et cette pureté incroyable.

    C'est pour cela que dès qu'il avait une occasion de l'accompagner à une répétition de son groupe, il l'accompagnait, sautillant presque. Qui plus est, Jason adorait également Arthur, le meilleur ami de son frère, qu'il considérait d'ailleurs comme un second grand frère. Il marchait entre les deux, en direction de chez le bassiste du groupe, lorsque le portable de Sacha sonna.

    Ce dernier l'avait sortit, sous l’œil curieux des deux autres garçons. La grimace que l'adolescent avait abordé en lisant le nom de sa petite amie sur l'appareil fit sourire Jason et Arthur d'un air complice. Les deux avaient du mal avec la dite Ina, et la dispute récente des deux tourtereaux inséparable depuis près de deux ans les réjouissait. Sacha décrocha d'un air las, perdant son sourire.

    Et là, sous le regard surpris de Jason, l'adolescent était devenu livide en quelques secondes. Il avait lâché son portable, et s'était mis à courir à toute allure, sa guitare sur le dos. Le garçon avait ramassé le mobile, avant de poursuivre son frère, surpris.

    • • •

    Elle l'aperçut, en bas. Essuyant du manche de son sweat ses larmes. Il y avait déjà quelques personnes amassées au bas de l'immeuble. Elle les regarda en esquissant un sourire vague. Et elle le fixa, lui. Il avait le regard sur elle, et la bouche entrouverte dans une expression de surprise.

    Elle l'avait perdu. Elle le savait, qu'elle l'avait perdu. Depuis quelques temps, déjà. Des semaines. Elle avait tout fait pour le récupérer. Mais il ne semblait plus y avoir d'espoir. Elle prit une profonde respiration. C'était malsain... Mais elle voulait le faire culpabiliser. Elle qui avait passé presque deux ans à l'aimer hardiment... Il ne pouvait simplement pas la laisser comme cela.

    Elle fit un pas en avant, et se laissa tomber.

    • • •

    Je crois que quelque chose c'est brisé en moi, à ce moment. Comme une fissure, qui a traversé mon corps. Une décharge douloureuse. J'ai pas voulu y croire. J'ai senti la main d'Arthur serrer la mienne. Je l'ai senti m'écarter de la scène. J'étais incapable de bouger. De parler. Ni même de pleurer.


    • • • • • •

    Elle se sentait mal à l'aise. Jouant d'un air nerveux avec les papiers, le dossier d'inscription dans ce centre. Elle n'osait même pas regarder son fils en face. Lui, qui la fixait pourtant avec intensité, à l'autre bout de la table. Son aîné, son Sacha, qu'elle aimait plus que tout. Celui qu'elle n'avait pas été capable de soutenir, de protéger.

    « Je ne comprend pas. Vous vous débarrassez de moi ? »

    Elle sursauta, levant son regard vers son fils. Son fils qui avait maigrit, depuis ces dernières semaines. Elle déglutit, les larmes aux yeux. Si elle le pourrait, elle irait le serrer dans ses bras, lui dire qu'il pouvait rester. Mais lorsqu'elle sentait le regard de son mari sur l'adolescent, elle savait que c'était ce qu'il fallait faire. Il fallait que Sacha quitte cette maison. Ce centre était une opportunité incroyable de lui faire prendre la vie d'un nouveau pas. Même si c'était difficile. L'adolescent se leva, d'un geste brutal.

    « Sacha, ce n'est pas ça... »

    Son fils se tourna vers elle. Une expression d'incompréhension teintait son visage. Il se mordilla la lèvre inférieure, profondément blessé. Il quitta la pièce, sans rajouter un mot. Et elle, elle ne pouvait rien faire. Si ce n'était poser la main sur l'épaule de son époux pour l'empêcher de suivre son fils.


    • • • • • •

    Kenny avait peur. Le cœur battant, et l'air vide, il errait dans le couloir. Il n'arrivait pas à se téléporter, signe qu'il avait visiblement trop utilisé son pouvoir pour ce soir. Mais qu'est-ce qu'il avait bien put faire ? Un long frisson parcourut son échine, et un hoquet lui échappa, brisant le silence du couloir. Ses mains étaient écorchées, griffées. Il s'arrêta, tremblant. Il n'arrivait pas à se souvenir de ce qu'il avait bien put faire, et où il était allé ce soir. Il se laissa tomber au sol, épuisé et tremblant.

    Une main se posa sur son épaule. Il sursauta, relevant ses yeux pleins de larmes vers la silhouette qui se dessinait à côté de lui. Il mit du temps avant de l'identifier. Ce gars... Sacha. Sacha ? Qu'est-ce qu'il faisait là ? Le Bisounours sur pattes... C'était un comble. Il aurait aimé la force de lui dire d'aller voir ailleurs... Mais non, en fait, il n'en avait même pas envie. Il avait envie de pleurer, de vomir, de crever même, si c'était possible là tout de suite, mais surtout, de ne pas être seul. Parce que putain, c'était trop flippant, d'être seul. Alors il s'accrocha presque inconsciemment au bras de l'adolescent, qui, avec un regard surpris, l'aida finalement à se relever. Se remettre sur pied.

    Kenny releva son regard vers lui, lui lâchant un merci d'une voix brisée, et à peine audible. Et Sacha se contenta d'esquisser un faible sourire, l'aidant à se tenir debout.

    « Je vais te ramener dans ta chambre, si tu veux. »

    Il hocha la tête, doucement, trop épuisé pour faire quoi que ce soit d'autre. Accroché comme si sa vie en dépendait à cet être qu'il n'avait pourtant jamais particulièrement apprécié. Et qui pourtant ce soir se présentait comme un sauveur. Un sauveur inespéré. Il l'observa. Il n'avait jamais cherché à le connaître plus, ce type. Il s'en était toujours profondément moqué. Et pourtant... pourtant, ce soir, là, il avait envie d'en savoir plus. Alors dans la pénombre du couloir, il l'observa. Ce profil étrange. Ce visage sauvage. Ses cheveux ébouriffés, avec de la terre accrochée par endroits. D'où est-ce qu'il revenait, lui aussi ? Il avait l'air d'avoir passé la nuit dehors, dans la forêt. C'était curieux.

    « Qu'est-ce qu'il y a ? »

    Kenny sursauta presque en l'entendant parler, et baissa aussitôt le regard, mal à l'aise.

    « Rien... Je me demandais juste ce que tu faisais là, dans le couloir. Et d'où tu reviens. »

    Il avait joué l'honnêteté. Sacha avait esquissé un sourire, et avait haussé les épaules, en s'arrêtant en face de la chambre de Kenny.

    « Je me suis promené dans la forêt. C'est là-bas seulement que je peux profiter d'un peu de liberté, et de ma... forme animale. »

    L'adolescent le fixa d'un air surpris, s'accoudant à sa porte. Forme animale ? Il fit tout de suite le lien avec les pouvoirs. Il n'aurait pas pensé cela. S'installant contre le mur en silence, il continua de le fixer, bien décidé à en apprendre plus. Il n'y avait pas que cela. Il le savait. Personne ne sortait la nuit, s'isoler et se défouler en forêt comme cela. Et puis, ce cher Sacha avait l'air un brin déprimé. C'était étrange, pour ce type qui passait son temps à sourire. Littéralement. Sourire ou chanter. Sautiller dans les couloirs du centre. Si Kenny ne l'avait jamais vraiment aimé, c'était sûrement à cause de cela. Il était jaloux de la capacité de ce type de toujours avoir la forme. De toujours se comporter comme un rayon de soleil ambulant. C'était insupportable. Lui aussi, aimerait pouvoir sourire. Lui aussi aimerait pouvoir déborder d'innocence et de naïveté. Rien qu'un instant, il adorerait se sentir naïf, lui aussi. Avoir l'impression que tout va bien. Mais ce n'était pas possible. Et ça faisait mal, putain.

    « Tu ne vas pas te coucher ?
    - Non. Je veux savoir ce que tu fais ici, et pourquoi t'as pas ta tête de gamin heureux, ce soir. Je veux savoir. J'm'en fout que ce soit peut-être la troisième fois dans notre vie qu'on parle. C'est pas important. Mais je veux savoir. »

    Sacha le fixa en silence, les sourcils haussés, et la moue surprise. Mais Kenny n'allait pas lâcher prise. Et cela se lisait certainement sur son visage, car après quelques secondes de mutisme, le jeune homme se résigna en poussant un soupir.

    « J'ai pas vraiment le choix, j'ai l'impression. »

    Gagné. Kenny s'autorisa un léger sourire, discret, et hocha la tête à l'affirmative, ne quittant pas du regard le jeune Sacha qui se frottait nerveusement la nuque.

    « J'ai pas ma place à Rédemption. Je pense que tu peux comprendre cela. C'est con, mais j'ai cette impression de rejet. Ce lieu me rejette. Les gens me rejettent. Je suis pas à ma place ici, j'ai l'impression de devenir barge. Chaque jour que je passe ici est de pire en pire. J'fais des efforts pourtant, mais ça me rend malade. C'est ce sentiment qui te bouffe de l'intérieur, tu vois ? Ça te tords le ventre tellement tu te sens mal. T'as envie de crier sur tous les toits ton sentiment de mal-être, et pourtant, t'y arrives pas. Tu te tais, tu souris, et tu te convaincs qu'il y a pire. T'essaye de faire sourire les autres, plutôt que toi même. Mais dans le fond, t'es malade. Chaque matin, c'est une épreuve de se lever et de faire face à ça. Mais tu continues et tu t'accroches. Même si tu sais que chaque seconde ici t'es de plus en plus néfaste. Tu t'accroches à des gens, aussi, et au final, ils te déçoivent. Te rejettes. Font resurgir un passé enfouit. C'est comme ça. Tu comprends ? »

    Kenny avait écouté toute cette tirade, surpris de sa longueur. Il l'observait, en silence, ce visage qui énonçait tout cela avec une profonde lassitude et peine. Il le comprenait, en plus. Et il se demandait comment ce type qui semblait le mec le plus sociable et intégré du monde pouvait-il ressentir tant de choses. C'était fou. Alors Kenny se demandait simplement... pourquoi. Pourquoi, tout cela. Sélène ? Cette fille qui traînait toujours avec lui ? Il était vrai que ces derniers temps, la dépressive et le bisounours n'étaient pas souvent vus ensembles.

    « C'est Sélène ? »

    Sacha se mit à le fixer avec intensité. Il avait touché le point sensible, visiblement.

    « En partie. Pas seulement. C'est difficile, d'être le second choix, hein... C'est assez compliqué. »

    Paroles vagues et bien peu claires, mais Kenny s'en contenta, hochant la tête. Puis, avec un faible soupir, s'avança vers la porte en claudiquant. Il était temps de se quitter. Il observa l'adolescent dans la pénombre, tout en appuyant sa main sur la poignée de la porte.

    « Courage, je suis sûre que ça finira par s'arranger. »

    Sur ses paroles, Kenny s'approcha de lui, pour lui ébouriffer les cheveux en souriant, et posa un baiser sur son front, comme on le ferait à un gamin triste. Sacha s'autorisa un sourire, avant de s'écarter.

    « Ça ne s'arrangera pas. Ça va s'aggraver, même. Il faut juste fuir... »

    Et sur ces mots, Sacha disparut dans le couloir sombre. Le jeune homme resta un moment dressé là, devant cette porte, en silence. A fixer dans le vide, les dernières paroles du garçon résonnant encore dans son esprit. Fuir.


    • • • • • •

    « J'ai besoin d'aide. »

    Adam sursauta en entendant cette voix paniqué briser le silence de l'infirmerie. Il avait même manqué de tomber de sa chaise, le cœur battant la chamade. Il se retourna, observant en haussant un sourcil l'adolescent à la mine fatiguée qui lui faisait face. Il ne le connaissait pas, et c'était pour sûr la première fois que ce gamin franchissait le seuil de l'infirmerie. Au vu du regard paniqué et désespéré de l'élève, il y avait certainement urgence.

    « Je ne peux plus le contrôler. C'est le bordel, ça fonctionne plus... C'est terrible ! »

    L'infirmier se leva, pour s'approcher du gosse paniqué. De quoi est-ce qu'il parlait ? D'un pouvoir ? C'était sûrement le plus probable. Il posa un main sur son épaule, pour le maîtriser.

    « Calme toi. Comment est-ce que tu t'appelles, déjà ? Qu'est-ce que tu ne contrôles plus? »

    L'adolescent ne répondit pas tout de suite, le regard inquiet. Il trépignait sur place, et dégageait une chaleur impressionnante. Ce gamin bouillonnait de l'intérieur.

    « Je suis Sacha. Et je ne contrôle plus mon pouvoir. J'arrive à peine à rester humain. C'est affreux. Ce mec m'a touché, et depuis, ça marche plus comme avant... »

    C'était beaucoup d'informations à comprendre et assimiler. Beaucoup trop. Adam soupira, faisant s'asseoir Sacha. De qui est-ce qu'il parlait ? Quel était son pouvoir ? C'était tant d'interrogations qui planait dans son esprit, et auxquelles l'adolescent n'arrivait pas à répondre tant la peur le faisait trembler et balbutier. Il lui apporta un verre d'eau frais, que Sacha s'empressa d'avaler. Mais cela ne semblait pas suffire. Non. Rien ne semblait pouvoir le soulager. Et sans avoir le temps de répondre aux interrogations de l'infirmier, le jeune homme se replia sur lui même en couinant, avant de prendre la forme d'un grand animal.

    Un loup. Adam recula brutalement en voyant l'élève se transformer en ce grand canidé sous ses yeux. Hé, ce n'était pas ce pourquoi il était payé ! Il resta un moment immobile, à fixer l'animal qui lui rendit son regard, avant de soupirer légèrement et de se rapprocher de lui. Il posa une main sur sa tête, avant de lui adresser un air compatissant. Les pouvoirs qui partaient n'importe comment, il connaissait. Il fixa l'élève devenu loup dans les yeux.

    « Ça va aller. Je vais t'aider, Sacha, et tout va bien se passer, d'accord ? »

    Il avait conscience que ses paroles sonnaient faux. Certes, il allait l'aider. Il allait faire son possible, pour l'aider oui. Mais tout ne se passera pas bien. Tout n'ira pas bien. Il soupira, avant de lâcher.

    « Je vais faire de mon mieux, du moins. Ça va pas être facile... »

    Mais il le ferait quand même. Oui. Personne ne s'était battu pour le sauver, lui. Personne. Il avait été considéré comme un monstre, dès que ses pouvoirs étaient apparus, incontrôlables. Alors, il voulait faire ce que personne n'avait été foutu de faire pour lui. Aider. Comprendre. Ne pas juger. Faisant glisser doucement et affectueusement sa main sur la truffe de l'animal, il ferma les yeux, déglutissant. C'était étrange, d'avoir soudain un but, autre que de survivre, ici.


    • • •

    Arthur le savait, qu'il y avait un problème. Il avait relu des dizaines de fois la lettre que Sacha lui avait envoyé. Cette lettre à l'écriture maladroite, et aux quelques fautes d'orthographe propres à son meilleur ami. Il laissa glisser ses doigts sur le papier, soupirant. Il s'inquiétait sincèrement pour le jeune homme. Inquiétude rationnelle ou non, il ne le savait pas... Peut-être qu'au final, il lui manquait juste. Cela faisait trois mois qu'il était parti, sans revenir de Rédemption, ni même pendant les vacances. Et ça faisait mal. Arthur était dépendant de cette présence, et son absence était bien trop longue. Il avait besoin de voir le sourire de Sacha, de jouer de la musique avec lui, et juste de faire le con, comme avant. Avant Ina, avant Rédemption. Pourquoi les choses n'étaient-elles pas restée aussi simple ? Que ce serait-il passé si il n'y avait rien eut de tout cela ? Les deux amis auraient put terminer le lycée ensembles, partir à la fac ensembles, en vacances l'été... Tout cela.

    Arthur se laissa tomber sur le lit, fixant le plafond. Et puis, de quoi parlait Sacha quand il évoquait « quelques changements »... ? « Des complications étranges » ? Pourquoi était-il si évasif ? Raaaah, ça l'énervait. Il reprit la lettre, l'extirpa de son enveloppe avec agitation. Et à ce moment, il remarqua un bout de papier plié, resté dans le fond de l'enveloppe la première fois. Visiblement la page d'un carnet de dessin. Il l'extirpa et le déplia. Là, au crayon était dessiné un loup, au regard noisette familier. « Sacha ». C'était la seule inscription, avec une signature en bas. Il ne comprenait pas. Il ne pouvait pas comprendre. Frustré, il se leva, pour se poser à son bureau, attrapant un stylo et une feuille qui traînaient là. Il n'avait pas écrit de lettres à la main depuis un bon moment, mais vu que son ami préférait ou ne pouvait que communiquer ainsi... Il laissa sa main danser au dessus de la feuille, lâchant de sa plume tout ce qu'il avait en tête.

    Il s'arrêta de longues et intenses minutes plus tard. Faisant face à ce papier noirci par les mots. Il soupira, pliant le papier. Il voulait des réponses. Il espérait sincèrement les avoir. Il ne pouvait plus continuer ainsi, avec cette interrogation destructrice.

    • • • • • •

    Elle s'arrêta. Alerte, elle releva le regard, et sursauta face à cet imposant animal qui lui faisait face. Un loup ? En Angleterre ? Le cœur battant, elle se rapprocha de lui. Avançant sa main, lentement. Ce n'était pas les animaux sauvages qui lui faisaient peur. Surtout qu'un loup de cette taille, dans une si petite forêt, et surtout, tout seul, ce n'était pas naturel. L'animal fit finalement un pas en avant, reniflant doucement sa main. Puis, il posa son front tiède contre la paume de Lexy. Un long frisson la parcourut, alors qu'elle sentit ses doigts se glisser à travers la fourrure caramel du canidé.

    Et là, sous ses yeux surpris, l'animal se recula, grandissant légèrement, s'affinant et... Prenant forme humaine. Elle sursauta, reculant à son tour, faisant face à présent à un garçon de son âge, l'allure fragile et fatiguée. Un élève de Rédemption. Un long frisson lui parcourut le long du dos. Qui était-il ? Qu'est-ce qu'il faisait là ? Son air malade lui serrait le cœur. Encore une victime du centre.

    « Désolé, si je t'ai fait peur.  »

    Sa voix était rauque, et pourtant, légèrement mélodieuse. Douce, mais fatiguée. Ses cheveux en bataille et sa pilosité du visage légèrement négligée lui donnait un air sauvage. Depuis combien de temps était-il là ?

    « Qui es-tu ? »

    Elle ne le connaissait pas. Ou ne le reconnaissait pas... C'était là toute la question. L'adolescent glissa ses mains dans ses poches, esquissant l'ombre d'un sourire.

    « Sacha.  »

    Elle le fixa un instant dans les yeux, dans ses prunelles noisette, en oubliant presque pourquoi elle était là, dans cette forêt, ce soir. Il l'intriguait, et lui faisait de la peine. Elle allait ouvrir la bouche pour se présenter elle même, mais le jeune homme se mit à grimacer légèrement, portant la main à son front.

    « Désolé, je vais devoir écourter cette conversation, je suis trop épuisé pour tenir plus longtemps...  »

    Sans qu'elle n'ait le temps de lui demander ce dont il parlait, il tomba à genoux au sol, avant de reprendre forme animale. Il ne pouvait pas rester humain longtemps ? Qu'est-ce que cela signifiait ? C'était la première fois que la jeune blonde voyait cela. Le loup se releva, en gémissant légèrement. Incapable de faire le moindre geste, elle se contenta de l'observer se réadapter.

    Sacha se mit à lui retourner son regard, la reniflant une seconde fois, puis reniflant le sol. D'un geste de la tête, il lui indiqua une direction, et entre deux arbres, un morceau de tissus coloré attira son regard. Elle se mit à courir dans cette direction, sans ajouter un mot de plus. Ce bout de pull, ce ne pouvait pas être ce qu'elle pensait... Non...

    Elle ne vit même pas l'animal l'observer quelques secondes, avant de s'éloigner en courant dans les bois, gémissant.

    • • • • • •

    Il courrait, dans les bois. Le bruit étouffé de ses pattes foulant le sol humide de la forêt était régulier et discret. Il n'était qu'une ombre mouvante, dans la nuit. Un ombre rapide, allant aussi vite que possible. Aussi loin que son corps lui permettait. Loin de cet endroit. Ses oreilles sifflaient encore. Son corps entier était douloureux. Sa patte arrière gauche saignait légèrement. Il sentait le liquide tiède glisser le long de son pelage. Mais il ne devait pas s'arrêter. Il devait quitter définitivement ce lieu. Cette forêt. Tout cela. L'explosion, et ainsi la destruction d'une partie de la forêt... C'était la goutte de trop. Il ne pouvait plus rester ici. La mort régnait dans l'air. La douleur était tellement perceptible, qu'il avait l'impression d'exploser, lui aussi. De l'intérieur, avec fracas. Rédemption le détruisait, toujours un peu plus. Et ce soir, c'était l'apothéose.

    Il sortit finalement de la forêt, traversa le pensionnat en courant. Se moquant de traverser le bâtiment sous sa forme animale. De toutes manières, le chaos régnait tellement que personne ne le remarquait. Mais lui, il remarquait les autres. Les cadavres. Qu'est-ce qu'il se passait ici, au juste ? Il couina, quittant les lieux avec hâte. Il n'y avait plus rien à faire. Plus personne à sauver. Il n'y avait plus rien. Il venait de tout perdre. Tout.

    Cette nuit là, à travers les cris et les pleurs, le hurlement d'un loup se fit entendre. Long, et triste. Fatigué, las. Un hommage à tous ceux qui venaient de tomber. Un hommage aux élèves sacrifiés. Aux forains déchus. Un hommage ultime à ces anonymes, à ces êtres laissés derrière. C'était la fin de tout, ce soir. De longs mois de supplice. Comme une apocalypse pour signifier la fin de cette année scolaire. La fin d'un cycle, et le début d'un nouveau. Pour tous. Même pour Sacha, qui s'épuisa à hurler à la mort, avant de finalement retomber au sol sous une forme humaine. En position fœtale, il s'endormit. Il ferma les yeux sur le monde.

    • • •

    Zael l'avait déjà vu, ce grand animal. Ce loup. Il l'avait aperçu, lors de ses rondes de nuit. Au départ, il s'en était inquiété. Et il avait fini par se rendre compte qu'il n'y avait pas de quoi. L'animal avait cette aura particulière. Humaine. Dans son regard, on lisait une âme, des sentiments, des pensées. Tout un être.

    Alors ce soir, lorsque l'animal s'approcha finalement de lui, il ne s'étonna même pas. Il s'y attendait. Il avait remarqué le rapprochement de la bête, au fil des jours. L'intérêt qu'il semblait lui porter. C'était étrange, mais il n'avait pas craint l'animal. Il l'avait laissé faire. Il l'avait laissé se placer en face de lui, et le fixer dans les yeux. Et il s'était transformé. En un type, grand et mince. Un mec tatoué, à l'air dur, mais au regard désespéré. Il avait besoin d'aide, clairement. Zael eut un pincement au cœur, en constatant à quel point ce mec semblait en mauvais état.

    « C'est toi, Zael ? »

    L'adolescent sursauta. Comment est-ce qu'il le connaissait ? Il ne l'avait jamais vu que de lui. Il ne lui avait jamais parlé. Espionnait-il la troupe ? La surprise de Zael se mua en méfiance. Qui était-il ? Comme pour répondre à ses interrogation, l'inconnu reprit la parole.

    « Je suis un ami de Kenny. Il m'a dit que tu pourrais m'aider. S'il-te-plaît, j'ai besoin de ton aide... »

    Sa voix était brisée. Son ton était suppliant. Zael se mordilla la lèvre inférieure, ne sachant pas quoi faire. Pris au dépourvu. Comment est-ce qu'il devait l'aider au juste ? Il avait bien sa petite idée mais... Mais c'était étrange, de concevoir cela.

    « Écoute, je m'appelle Sacha. Et j'ai besoin que tu me prennes mon pouvoir. Je ne peux plus vivre avec, il me tue, doucement. »

    Il sursauta légèrement. C'était bien ce qu'il pensait... Mais... Mais voilà. Ce type avait un pouvoir puissant. Important, dans sa vie. Le lui prendre était dangereux. De plus, Sacha semblait faible physiquement, à ce moment. Mince et fatigué. Malade. Alors Zael avait peur. Il avait envie de l'aider, mais bon sang, ce qu'il avait peur.

    « S'il-te-plaît... J'ai besoin de toi... T'es le seul qui puisse m'aider à m'en sortir.
    - Mais c'est dangereux... Te retirer ton pouvoir pourrait te tuer sur le coup. Il pourrait te laisser des séquelle, ou arracher une partie de toi. Ce pouvoir, il est ancré en toi, je le sens. Si je te le retire, cela va forcément avoir un impact...
    - Je n'ai plus rien à risquer. Rien à perdre. C'est la seule solution. Je me moque des risques. J'en ai pas peur. J'ai pas peur de perdre une partie de moi, car ce sera de toute manière une partie néfaste de moi. Il faut que tu me la retire, cette partie... Je t'en supplie, Zael. C'est la seule solution. 
    »

    Le jeune brun acquiesça. La voix de Sacha était brisée. Mais déterminée. Zael n'avait plus d'autres choix. La peur au ventre, tremblant de tout son être, il tendit sa main. Signe qu'il acceptait de l'aider. Sacha esquissa un bref sourire. Un sourire triste. Il était résigné à tout risquer. Se débarrasser de son pouvoir coûte que coûte. Il lui prit la main. Il avait presque l'air plus confiant que le jeune forain. Le jeune homme ferma les yeux, avec une expression presque sereine collée au visage. Zael le contempla un instant. Il contempla ce visage meurtri, qui avait laissé échapper sur sa joue une larme fraîche. Il la contempla, cette larme. C'était beau. Le jeune garçon soupira, avant de fermer les yeux à son tour, et se concentra.



    • • •
    J'ai sentis mon être partir en même temps que mon pouvoir. Tout s'en allait. Le loup en moi s'éteignait. Et avec lui, Rédemption. Tout était lié, au final. Mon histoire, ma descente aux enfers, tout cela était lié à mon pouvoir. Si j'étais ici, c'était à cause de lui. Si j'avais souffert ces derniers mois, c'était de sa faute aussi. J'étais triste, de laisser s'échapper de mon être mon côté animal. Ce qui avait toujours grandit au fond de moi, avant d'éclater ici, à Birdsall. Cela avait toujours été présent, au fin fond de mon âme, et maintenant je m'en débarrassait. Mais c'était la seule solution. C'était soit cela, soit la mort, lente et douloureuse. Même si je venais à m'éteindre, ce soir là, ce n'était pas grave. C'était toujours mieux que de me rendre fou, lentement et douloureusement. Tout était toujours mieux que cela.

    Et puis, j'ai sentis aussi les souvenirs s'en aller. J'ai vu les images de Rédemption. Des visages. Des évènements. Qui s'envolaient. Dans la nature. Dans l'air froid de la nuit. Peut-être était-ce mieux ainsi, au final. Toutes les souffrances se dissipaient. Je n'étais pas en train de mourir, au final. J'étais en train de renaître. On m'offrait une seconde chance. Hors de Rédemption. Un nouveau départ. J'allais peut-être retrouver celui que j'étais, avant. Avant que la vie ne me détruise. Peut-être.

    J'aurais pourtant aimer leur dire un dernier Adieu, à tous. J'aurais aimé dire à Sélène de prendre soin d'elle. De tenir bon, et de continuer de se battre. Car je savais par Kenny qu'elle était encore en vie. Je le savais, et pourtant, je n'avais même pas tenté d'aller la voir. J'aurais aimé aussi dire merci à Kenny. Merci de m'offrir cette possibilité. Merci d'avoir été là. C'était bête, de penser comme cela... Bête, mais sincère. J'aurais aimé avoir toutes ses possibilités, avant de partir. Je n'en aurais plus jamais l'occasion, à présent. Et c'était la seule chose que je regrettais. La seule. Mais c'était trop tard pour cela. Tout cela était déjà parti, pour de bons. Dans quelques secondes, j'en oublierait également ces regrets. Je les emporterais avec moi.

    J'ai fermé les yeux pour de bon. J'étais vide. De tout cela. Je venais de perdre celui que j'étais. Mon corps a sombré. Je l'ai sentis, percuter le corps, dans un bruit sourd. Mais je n'étais déjà plus moi. Je n'étais plus ce Sacha. Ce furent mes dernières pensées. Pensées qui s'évaporèrent aussitôt. Comme un dernier adieu, l'image de Rédemption, le visage de tous les êtres que j'y avais connus, s'imposa à moi. C'était bel et bien la fin. Tout était fini. La souffrance, était terminée.


    • • • • • •

    Kenny était resté à son chevet toute la nuit. A attendre qu'il rouvre les yeux. Car il devait les rouvrir. Sacha ne pouvait pas rester éternellement endormi... C'était impossible... Kenny ne voulait pas y croire. Sacha reviendrait. Il rouvrirait les yeux. Le rassurerait. Il attrapa sa main, la serra dans la sienne. Elle était tiède. Agréable. Trop vivante. Il y avait forcément encore Sacha dans ce corps.

    Il sursauta lorsque la main inerte de son ami repris vie. Lorsque cette main serra la sienne en retour. Il était là. Putain, après exactement dix heures et huit minutes passé à rester près de lui, Sacha manifestait enfin un autre signe de vie que son pouls faible. C'était presque inespéré. Kenny jeta aussitôt un coup d’œil à la moue encore endormie du jeune homme. Il dormait toujours. Mais, sur son visage, quelque chose avait changé. Il avait l'air plus apaisé. Souriant dans son sommeil... Il avait un air de Bisounours. Cet air qu'il abordait tant, à la rentrée dernière. Cette image fit sourire légèrement le jeune forain, qui serra d'avantage sa main.

    « Hm... Arthur ? »

    Deuxième sursaut. Kenny se pencha de nouveau sur l'adolescent, pour observer son visage qui reprenait vie à vue d’œil. Ses yeux commençaient à s'ouvrir. Mais comment est-ce qu'il l'avait appelé... ? Arthur... ? C'était qui cet Arthur ? Kenny fronça les sourcils. Il ne connaissait aucun Arthur à Rédemption. Était-ce quelqu'un de son entourage personnel ?

    « Non, Sacha, c'est Kenny. Tu te sens bien ? »

    Il se leva, pour attraper le verre d'eau et le paquet de biscuit que Zael était venu apporter quelques minutes auparavant.

    « Bois un coup, et mange un peu, t'as besoin de forces. »

    Sacha soupira légèrement, commençant à émerger pour de bon. Se redressant sur le matelas. Ses cheveux étaient ébouriffés, et ses yeux légèrement rouges. Kenny lui tendit l’en-cas avec un sourire. Sacha avait l'air d'un gamin malade. Perdu, et l'air dans le vague. Mais surtout, l'air insouciant. Cet air qui lui avait manqué, au final.

    « Merci. Mais d'où est-ce qu'on se connaît au juste ? Et qu'est-ce que je fais là ? »

    Kenny se figea. Le verre qu'il avait encore entre les mains lui échappa, et vint se briser dans un fracas au sol. Était-il sérieux ? Oui. Il l'était. Sacha se demandait vraiment ce qu'il se passait. Comment cela se faisait-il ? L'adolescent était incapable de répondre à ces interrogations. Incapable de faire le moindre geste. Sacha avait oublié qui il était ? Cela faisait presque mal. Une douleur bien égoïste. Surtout lorsque l'on constatait l'expression de sincère naïveté qui était collée à son visage. Sacha ne se souvenait plus de lui, certes, mais au moins, Sacha allait mieux. C'était comme une cure ?

    « Kenny. Je suis Kenny. Tu ne te souviens pas de moi ? Et de Rédemption ? Sélène ? »

    Sacha l'observait avec des yeux ronds. Ne comprenant pas. C'était donc ça... Avec son pouvoir, Zael avait évacué de l'adolescent tous les souvenirs du centre. Tous. Mordant dans un de ses gâteaux, Sacha se contenta de hausser les épaules.

    « Rédemption, c'est le centre où je suis inscris cette année. Et je ne me souviens pas t'avoir rencontré, Kenny, désolé, ni Sélène. Tu dois te tromper, non ? Par contre, je pense qu'il faudrait ramasser les bouts de verre avant que quelqu'un ne marche dessus et ne se fasse mal... »

    Kenny déglutit, hochant la tête.

    « Ouais, je dois me tromper. Bref, t'as fait un malaise en arrivant à Birdsall, Sacha. Je t'ai retrouvé, et j'ai pris soin de toi. Tout va bien se passer, maintenant, d'accord ? Je vais m'occuper de toi, tu vas voir. Les choses vont aller bien, maintenant, tu verras. »


But I can't help it.



    ✉ Pseudonyme : Sacha
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“And I don't want the world to see me
    Cause I don't think that they'd understand..”

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